Mgr J-C. Dufour-4 août 2019-18e dimanche ordinaire «C» Luc12, 13-21

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 4 août 2019 -18e dimanche ordinaire  «C» ( Luc 12,13-21 )

 Liturgie des Heures : Temps ordinaire, Semaine II

 

Hier, je vous ai lu le témoignage d’un journaliste qui avait perdu son épouse criblée de balles lors d’un attentat terroriste à Paris.
Ce matin, je commence avec un autre témoignage, celui de M. Steve Jobs, dirigeant d’une puissante compagnie informatique, la compagnie « Apple ». Il était le 31e homme le plus riche du monde. Je vous lis son témoignage :

 « J’ai atteint le sommet du succès dans les affaires. Aux yeux des autres, ma vie a été le symbole du succès. Toutefois, en dehors du travail, j’ai eu peu de joie. En ce moment, allongé sur le lit d’hôpital et me rappelant toute ma vie, je me rends compte que tous les éloges et les richesses dont j’étais si fier ont été transformés en quelque chose d’insignifiant devant la mort imminente…

C’est seulement maintenant que je comprends qu’une fois qu’on a accumulé assez d’argent pour le reste de sa vie, nous devons poursuivre d’autres objectifs qui ne sont pas liés à la richesse. 

Ils doivent être quelque chose de plus important… Dieu nous a formés d’une manière que nous pouvons sentir l’amour dans le cœur de chacun de nous, et pas les illusions construites par la célébrité ou l’argent que j’ai gagné, je ne peux pas les emmener avec moi. Je ne peux emporter avec moi que les souvenirs qui ont été renforcés par l’amour. C’est la vraie richesse qui vous suivra, qui vous accompagnera et vous donnera la force et la lumière pour aller de l’avant. L’amour peut voyager à des milliers de kilomètres et c’est ainsi que la vie n’a pas de limites. Les choses matérielles perdues peuvent se retrouver. Mais il y a une chose que vous ne pouvez jamais trouver quand on perd sa vie.

Quelle que soit l’étape de la vie dans laquelle nous sommes en ce moment, au final, nous allons devoir affronter le jour où le rideau tombera. Faites un trésor d’amour pour votre famille, d’amour pour votre conjoint, d’amour pour vos amis… Que chacun agisse avec amour ; occupez-vous de votre prochain. »

 

Ça ressemble beaucoup à l’évangile qu’on vient d’écouter. Quelqu’un demande à Jésus :
« Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage ». Sans tarder, Jésus dit : à tout le monde : « Gardez-vous bien de toute avidité, car la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède. »

 

En bon éducateur qu’il est, Jésus explique aux gens ce qu’il veut dire en racontant un fait qu’il avait sans doute pu observer en son temps. Regardez cet homme qui a une bonne terre, de bonnes récoltes, dit-il. Il vit bien. Mais il en veut toujours plus : de nouvelles granges, plus de profit, plus de sécurité pour être à l’abri des imprévus. Spontanément, on trouve que le monsieur est bien sage, le monsieur ; il veut préparer l’avenir de ses enfants, sécuriser sa retraite.

 

Le problème, ce n’est pas qu’il possède de grands biens, c’est que ce sont ses richesses qui le possèdent, c’est son attachement désordonné à ses biens. Il ne voit rien d’autre que sa fortune. C’est là-dessus que Jésus nous met en garde.

 

Il nous invite à faire de la place à autre chose que les biens matériels dans nos vies, à nous attacher à des biens spirituels qui sont bien plus importants, mais qui ne s’achètent pas : le regard d’un enfant, l’amour de nos proches, la main qui aide le démuni, la paix à cultiver. C’est ça que Jésus veut nous dire quand il parle « d’être riche en vue de Dieu »

 

C’est ce que M. Steve Jobs nous a dit dans son témoignage tantôt. Notons qu’il n’est pas nécessaire d’être riche pour trop s’attacher aux richesses. On peut avoir très peu de biens et développer le même problème que l’homme riche de l’évangile.

 

Que notre célébration nous aide à élever notre cœur vers les biens spirituels.
Que notre communion au Corps du Christ nous nourrisse de ces biens qui ne s’achètent pas et qui font vivre.
« Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim, celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif. »