Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 31 mai 2020 – Dimanche de la Pentecôte – Jean 20,19-13
Aujourd’hui, jour de la Pentecôte, nous sommes réunis pour dire au Seigneur toute notre reconnaissance pour toutes les fois où il a laissé sortir l’Esprit, et bien sûr, pour le prier de le faire encore.
Déjà, depuis un bon bout de temps, en lisant les Actes des Apôtres, on a vu que l’Esprit Saint les accompagnait. Et forts de cette certitude, nous l’avons prié, en particulier cette semaine. Lundi, nous avons prié le Seigneur de faire descendre sur nous la force de l’Esprit Saint. Mardi, nous lui avons demandé de nous accorder d’être embrasés du feu de l’Esprit Saint. Mercredi, nous avons demandé d’accorder à son Église, rassemblée par l’Esprit Saint, de se dévouer de tout cœur. Jeudi, nous avons demandé à l’Esprit Saint et changé notre cœur en un cœur que tu aimes. Vendredi, reconnaissant que le Seigneur nous a envoyé son Esprit de lumière, nous avons demandé la grâce de servir davantage. Et samedi, dans la prière sur les offrandes, nous avons demandé au Seigneur, que l’Esprit Saint prépare nos cœurs à tes sacrements.
Chacune de ses prières fait penser à quelqu’un d’affamé qui demande à manger, à un grand malade qui veut être libéré de ses souffrances. Elles sont le cri d’un monde qui a besoin de trouver le sens de son existence, le cri d’une Église qui a besoin de témoins.
La liturgie d’aujourd’hui met dans notre bouche deux raisons pour demander au Seigneur de nous donner son Esprit.
D’abord, comme nous l’avons fait jeudi dernier, nous demandons l’Esprit « pour qu’il change notre cœur en un cœur que tu aimes ».
Actuellement, avec pandémie, nous vivons dans un monde qui vit un temps difficile et cela tous les pays de la planète. Il y a des milliers de malades et de morts dans tous les pays du monde. Nombre de familles doivent vivre des deuils difficiles, ne pouvant être présentes. Beaucoup de chômage, de misères et de pauvreté se dessinent à l’horizon. Je me demande si le Seigneur n’est pas en train de nous faire découvrir ce qui est premier à ses yeux.
On aime bien se rappeler que Dieu est le Père, que Jésus était tendresse, qu’il a posé des gestes extraordinaires de pardon, qu’il a pris soin des malades, qu’il est venu pour le bien portant mais aussi pour les malades, pas seulement pour les justes, mais pour les pécheurs.
On aime rencontrer sur nos chemins des témoins du cœur de Jésus, des personnes qui actualisent des gestes de Jésus, des personnes qui répandent un peu d’humanité, qui apportent aide et réconfort aux magannés de la société, au nom de leur foi en Jésus Christ. Dans le contexte de la pandémie, on a souligné le dévouement spécial d’une femme auprès des personnes âgées. Elle l’a fait au prix de sa vie. Et il y en a bien d’autres qui ont agi dans le secret.
Ensuite, nous prions le Seigneur pour « Que l’Esprit-Saint vienne changer notre cœur, en un cœur que tu aimes, parfaitement accordé à ta volonté ». Nous demandons au Seigneur de faire descende sur nous la force de l’Esprit Saint, pour que nous puissions discerner ta volonté et l’accomplir tout au long de notre vie.
C’est quoi la volonté du Seigneur aujourd’hui ? Quelle est la volonté du Seigneur dans ma vie, dans la vie de ma communauté, dans la vie de l’Église, dans notre monde ? Est-ce que ça nous arrive de chercher à discerner la volonté de Dieu ? Dans les Actes des Apôtres que nous avons lus, nous avons vu souvent que l’Esprit accompagnait à l’apôtre Paul alors qu’il fondait des communautés.
Ce que nous demandons à Dieu, c’est que l’Esprit-Saint fasse de nous ce qu’il a déjà fait à Marie, qu’il nous donne un cœur comme Dieu aime, qu’il fasse de nous une personne capable de dire comme elle « Qu’il me soit fait selon ta Parole », que nous devenions comme elle, des porteurs de Jésus pour le donner au monde.
En célébrant la Pentecôte, nous célébrons l’Esprit de lumière donné à Marie, aux douze Apôtres, à l’Église qu’Il continue de rassembler ; nous célébrons l’Esprit de lumière que chacun et chacune d’entre nous avons reçu à notre Baptême, à notre Confirmation, l’Esprit qui aujourd’hui vient faire du pain et du vin le Corps et le Sang du Christ.
Nous prions l’Esprit pour qu’il actualise en nous les dons déjà octroyés : la sagesse, l’intelligence, le conseil, la connaissance, la fraternité ou l’affection filiale, la force et l’émerveillement ou l’adoration et la louange.
Ce qui nous est demandé aujourd’hui, c’est de dire « Oui » à l’Esprit qui est en nous, c’est de participer à cette grâce, de prendre part à l’action de l’Esprit en nous, de nous joindre à lui, d’appuyer son action dans nos vies.
2e fête de la Congrégation
Aujourd’hui, nous célébrons la deuxième fête de la communauté. Vos Constitutions sont explicites là-dessus :
Les Servantes de Jésus-Marie vouent un culte spécial à l’Esprit-Saint. C’est Lui qui a formé la sainte humanité de Jésus, Prêtre et Hostie, et qui a fait de Marie la digne Mère et Associée d’un tel Fils.
Principe d’unité dans l’Église, source de sainteté, il est l’Esprit de vie qui habite dans les âmes comme en un temple, pour les introduire dans la plénitude de la vérité.
Les sœurs invoquent fréquemment ce divin Paraclet afin de devenir parfaitement dociles à ses inspirations. Elles attendent de son action vivifiante, les grâces qui feront d’elles les fidèles imitatrices de Marie, la Servante du Prêtre éternel.
Nous pouvons faire nôtre une petite phrase qu’on trouvait dans la prière d’ouverture :
« Seigneur, l’œuvre d’amour que tu as entreprise au début de la prédication de l’Évangile, continue de la faire dans le cœur des croyants et des croyantes d’aujourd’hui ».
BONNE FÊTE !
