Mgr J-C. Dufour – 31 janvier 2021 – 4e dimanche ordinaire – Marc1, 21-28

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 31 janvier 2021 – 4e dimanche ordinaire – Marc1, 21-28

 

On mentionne la sainteté de Dieu très tôt dans l’Ancien Testament. Lorsqu’on en parlait, on exprimait trois choses à la fois, trois composantes inséparables.

  • D’abord, la sainteté de Dieu exprime l’énorme distance qui existe entre le créateur et la créature.  Le créateur est infini, immuable, éternel, le seul saint.   On le reconnaît à chaque messe quand nous chantons :  «Saint, saint, saint le Seigneur Dieu de l’univers;  le ciel et la terre sont remplis de sa gloire ».

  

  • En deuxième lieu, la sainteté de Dieu  exprime son emprise sur des   choses, des lieux et des hommes.  C’est une sainteté qui consacre, qui met à part, qui réserve à Dieu.  Ainsi,  on reconnaît que le Temple est saint, parce que Dieu y habite.  On se souvient de la peur de Zacharie dans le Saint des Saints.  On pense aussi que la loi est sainte parce qu’elle exprime la volonté de Dieu.

 

  • Finalement, la sainteté de Dieu, c’est une plénitude de vie offerte aux hommes. Déjà, dans le livre du Lévitique, on peut lire :  « Car moi, le Seigneur,  je vous ai fait monter du pays d’Égypte pour être votre Dieu :  vous serez donc saints car moi, je suis saint. »  (Lv 11,45)   La sainteté de Dieu,  c’est Dieu lui-même qui s’ouvre  à la communion avec nous.

 

Vous devez vous demander où je m’en vais ce matin,  pourquoi je vous parler ainsi de sainteté.  C’est parce qu’elle donne tout son poids à l’évangile d’aujourd’hui.

Dans la synagogue, tout le monde est suspendu aux paroles de Jésus, quand, dans la foule, un énergumène met à vociférer :  « Que nous veut-tu, Jésus de Nazareth?  Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu ! »  Ce n’est pas un fou, cet homme-là!  Il est impressionné par la personne de Jésus.  À un moment donné,  il dit : « que nous veux-tu ? » Le « Nous » exprime toutes les forces du mal qu’il mobilise.  La présence et la parole de Dieu sont si impressionnante que, même les forces du mal, sont obligés de dire la vérité « Je sais qui tu es : tu es le saint de Dieu. »  Tu es saint d’une sainteté qui vient de Dieu et qui révèle Dieu.

 

La sainteté de Dieu transparaît à travers Jésus dans l’évangile.  Saint Marc nous dit :  « On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité. » 

  • Cette sainteté de Jésus, cette autorité, cette majesté est reconnu par les forces du mal  et frappent les auditeurs,  surtout qu’elle vient de l’intérieur de lui-même.

 

  • On sent que Jésus a une emprise sacrée sur le cœur des hommes, une emprise tellement forte et immédiate qu’elle chasse l’esprit mauvais.

 

  • Cette sainteté est cette plénitude de vie qui émane de Jésus quand il offre à l’homme une amitié    C’est justement cette amitié qui fait si peur aux possédés et qu’ils refusent frénétiquement  en disant:  « Es-tu venu pour nous perdre ? »Personne dans la chapelle ne s’est mis à crier comme l’énergumène de l’évangile. Et pourtant l’esprit du refus peut venir nous visiter à certaines heures.   On sent bien parfois que la parole puissante de Jésus veut pénétrer au plus intime de nous-mêmes, là où se décide l’accueil ou le refus, le dialogue ou le mutisme, la docilité ou le raidissement, la transparence ou la dissimulation, le découragement ou l’espérance. L’amour de Dieu veut chasser de nous toute crainte, tout esprit de refus, mais on fait tout pour se défendre.

 

Le Christ nous offre son amitié, il s’offre à faire de nous des êtres de communion. Que cette Eucharistie soit pour nous la rencontre du Fils de Dieu qui rend libre ; que cette Eucharistie soit l’accueil de sa nouveauté, toujours imprévisible. Que l’Esprit nous donne force et lumière pour redire au Christ vainqueur : « Je sais qui tu es, tu es le Saint de Dieu », et que tu viens pour me sauver, pour nous sauver.