Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 31 janvier 2020 – St Jean Bosco – Marc 4,26-34
Nous savons bien ce qui arrive quand des gens sont envahis par une passion ; ils deviennent capables de mettre de côté leurs plus grands principes, leurs plus belles valeurs jusqu’au point de les conduire à la guerre, au meurtre, au vol, à de graves injustices. On réalise que ce qui les conduisait à ce moment-là, ce n’était pas la raison, mais l’émotion, le désir effréné. Et bien sûr, on peut comprendre qu’il faut beaucoup de courage pour sortir de cette passion qui nous entraîne forcément dans notre folie.
C’est ce qui arrive au roi David dans la première lecture. Il est un grand roi choisi par Dieu pour gouverner son peuple. Il a de nombreuses femmes comme veut la coutume à l’époque, mais il tombe amoureux fou de celle qui appartient à un autre homme. Il met tout en œuvre pour la posséder, y compris le projet d’envisager le meurtre de son mari légitime. Passionné, obsédé par celle qu’il veut obtenir, il oublie que Dieu l’a choisi pour faire grandir le peuple de Dieu; il oublie que le Dieu d’Israël est un Dieu qui veut la justice, qui défend les pauvres et les petits. Sa faute est très grande. Elle est à la fois une grave injustice à l’égard d’un autre homme et un frein à l’établissement du règne de Dieu.
Jésus nous rappelle que le règne de Dieu est à l’œuvre dans le monde, qu’il ressemble à une semence qui germe et grandit, on ne sait comment. Il ressemble à une graine de moutarde, la plus petite de toutes les semences qui devient un arbre. Le règne de Dieu commence bien doucement, au point que nous n’en avons pas conscience. Il conduit à la moisson pour les semences ; il conduit à un grand arbre pour une graine de moutarde. Chacun de nos actes peut faire en sorte que nous participions ou non à la venue du règne de Dieu comme David y avait mis un frein.
Nous fêtons aujourd’hui St Jean Bosco qui lui aussi a eu une passion, pas une passion pour lui, mais une passion pour le règne de Dieu. Un jour, dans une église, un sacristain malmena un enfant devant lui. C’est en prenant sa défense que Jean Bosco eut la révélation du dessein que Dieu avait sur lui : s’occuper principalement de la jeunesse misérable et délaissée. En apprenant sa mort, le Pape Léon XIII résumant la pensée du peuple s’écria : « Don Bosco est un saint, un saint, un saint. »
Le Seigneur nous rappelle qu’il nous a choisis pour contribuer à la moisson, pour faire en sorte que la plus petite graine de moutarde devienne un grand arbre où les oiseaux peuvent faire leur nid. Comme St Jean Bosco, que la passion pour le règne de Dieu nous habite.
