Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 30 septembre 2020 – Saint Jérôme – Luc 9, 57 – 62
Saint Jérôme ! J’ai lu, en préparant mon homélie que le mauvais caractère de saint Jérôme ne l’a pas empêché de devenir un saint. Il faut dire qu’il était un travailleur acharné. Toute sa vie, il a travaillé à une œuvre monumentale : la traduction de la Bible en latin et le commentaire de chacun des livres saints. Tout ce qui touchait à la Parole de Dieu lui tenait tellement à cœur qu’il prenait feu et flamme immédiatement. Sa spontanéité aussi lui jouait des tours ; il n’avait pas le temps de finasser, d’user de diplomatie, à cacher ses sentiments. Il était direct.
On vient de voir dans l’évangile que Jésus rencontre trois personnes qui veulent le suivre. Mais il y a une chose qu’ils n’ont pas comprise. Ils n’ont pas compris que suivre Jésus engendre un coût, que la vie chrétienne n’est pas un long fleuve tranquille.
Jésus avertit un premier homme que celui qui veut le suivre doit savoir à quoi s’en tenir. En effet, il faut être semblable au Fils de Dieu qui n’a pas d’endroit où reposer la tête.
Et puis Jésus avertit un deuxième homme qui veut d’abord aller enterrer son père d’aller d’abord annoncer le règne de Dieu. Il nous fait comprendre que l’annonce du Royaume exige une détermination sans faille.
Le troisième homme veut d’abord faire ses adieux aux gens de sa maison. Il demande un délai. Mais l’appel du Christ, c’est une urgence absolue. Jésus lui-même a quitté le confort de la maison familiale, il a vécu de nombreux arrachements qui l’ont conduit jusqu’au don de sa vie.
Toutes ces paroles qui nous parlent d’appel, d’engagement, de décision ferme et de mise en route. Saint Jérôme qui s’est donné corps et âme à son travail l’avait compris. Ces paroles de Jésus sont aussi pour nous. Le Seigneur nous appelle pour que nous soyons toujours les témoins de son amour.
Saint Jérôme, à cause de sa familiarité avec le Jésus des évangiles, a démontré une humilité et une charité qui ont marqué ses contemporains. Il n’a pas seulement compris les Écritures, il les a goûtées et elles l’ont transformé.
Ce matin, nous pouvons demander à saint Jérôme de nous communiquer quelque chose de cette flamme qui l’habitait, de cette passion pour la Parole de Dieu qui le dévorait, quelque chose qui puisse nous tenir en émoi en présence de Dieu. Que saint Jérôme intercède pour nous afin que nous soyons des êtres de feu, des êtres de flamme.
Que le Seigneur Jésus soit lui-même notre flamme et notre passion.
