Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 30 novembre 2021 – Saint André, apôtre – Matthieu 4, 18-22
Saint André, un assoiffé de Dieu ! Saint Jean nous dit qu’il avait entendu la prédication de Jean-Baptiste. Il avait sans doute reçu le baptême de pénitence, il était devenu un des disciples de Jean. Mais quand il entendit Jean désigner Jésus en disant : « voici l’agneau de Dieu », il suivit Jésus pour ne plus jamais le quitter.
On le voyait très bien dans l’évangile. On dit de lui, comme Pierre qui était son frère, comme de Jacques et Jean « Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent ». Imaginez la scène un moment, ils n’ont vu aucun miracle, entendu aucune promesse de récompense et ils abandonnent leurs filets sur les premiers mots de Jésus.
Qu’est-ce qu’il faut comprendre ?
C’est la foi rigoureuse que Jésus attend de ses disciples, une foi qui se fonde sur la confiance absolue en celui que nous reconnaissons comme notre Seigneur et maître.
Ces simples pêcheurs manifestent beaucoup de générosité et beaucoup de liberté en répondant à l’appel de Dieu. En suivant le Seigneur, ils ont abandonné tout ce qu’ils auraient pu désirer.
Il n’y a pas de prix fixé pour le royaume, mais il coûte ce que nous possédons.
À André et Pierre, à Jacques et Jean, il en coûta l’abandon de leurs filets et de leur barque. À Zachée, il coûta sa fortune, deux piécettes à la veuve, un verre d’eau fraîche à un autre.
Pour eux, leurs filets représentaient leur instrument de travail. Pour les gladiateurs à l’époque, c’était des instruments de combat pour immobiliser l’adversaire.
Quels sont les filets qu’il nous faudrait laisser pour suivre Jésus ?
Jésus retire Jacques et Jean de leur barque alors qu’ils sont en compagnie de leur père.
Peut-être avons-nous des liens humains trop forts qui nous empêchent de répondre à l’appel de Jésus sur nous.
Peut-être qu’il nous faut abandonner les filets de gladiateurs, les filets que nous jetons sur les autres pour le maîtriser.
Une chose est sûre. Jésus nous invite à travailler avec lui « pour rassembler les enfants de Dieu dispersés ».
Les meilleurs filets pour ça sont les filets de la gratuité, les filets de l’amour, les filets du service désintéressé, les filets du don de soi.
Je disais tantôt que Saint André était un assoiffé de Dieu, mais il nous enseigne à parler du Christ avec enthousiasme à tous ceux que nous rencontrons.
Saint André est un grand patron pour les Églises orientales.
En 1966, une importante relique de Saint André, qui était au Vatican depuis le 15e siècle fut remise aux Orientaux en signe de la volonté de communion entre l’Église de Rome et les patriarcats orientaux.
Le 30 novembre de chaque année, le Saint-Père adresse un message au Patriarche œcuménique de Constantinople.
On dit que saint André était un homme de relations, prions-le pour qu’il renforce les liens entre les deux Églises.
