Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 30 Novembre 2018 – Saint André
( Matthieu 4, 18-22 )
Si je vous demandais d’écrire la biographie d’une personne que vous ne connaissez pas, que n’avez jamais rencontré, à qui vous n’avez jamais donné la main, vous pourriez très bien le faire après des recherches approfondies. Si, à l’inverse, je vous demandais de parler de quelqu’un que vous connaissez très bien, une personne de la famille, un ami, ce ne serait plus pareil. À ce moment-là, le cœur parlerait avec la tête et on réussirait à mieux toucher les personnes à qui on veut s’adresser.
Il en est de même pour notre foi. On peut bien connaître tout le catéchisme par cœur, donner des conférences sur la vie de Jésus ou celle des saints et le faire seulement avec la tête parce qu’on ne les a pas accueillis dans notre intimité. Si, à l’inverse, nous avons laissé le Seigneur entrer dans nos cœurs, alors nous devenons des missionnaires vivants, capables d’attirer les autres vers lui.
Aujourd’hui, nous fêtons saint André, un apôtre qui a sans doute prêché avec son cœur. Parce qu’il voulait s’approcher de Dieu, il devint d’abord un disciple du prophète Jean Baptiste qui l’avait sûrement baptisé.
Et quand Jean Baptiste désigna Jésus en disant « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde », saint André suivit Jésus et ne le quitta plus. Il fut le premier disciple appelé par Jésus.
La tradition veut qu’après la Pentecôte, il partît annoncer l’évangile tout autour des côtes de la mer Noire. En prêchant avec son cœur, il nous appelle à faire de même nous aussi.
« Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Ce sont les mots que Jésus adresse à Pierre et à son frère, André.
On dit d’un bon éducateur qu’il sait rapidement jusqu’où il peut amener son élève. Alors, il fait tout le nécessaire pour l’aider à grandir, à se dépasser. Il veut amener son élève à faire des choses qu’il n’aurait jamais pensé possibles.
Ainsi, en est-il de Jésus. En bon pédagogue qu’il est, quand il appelle, c’est pour transformer. Pierre et André étaient en train de jeter leurs filets ; c’étaient des pêcheurs ; Jésus en fera des pêcheurs d’hommes.
Quand Jésus nous appelle, c’est pour nous transformer. Il se sert de nos connaissances, de nos talents et de nos forces pour nous amener à faire un pas de plus. On ne comprend pas toujours où il veut nous conduire. C’était le cas des apôtres. Quand saint Matthieu nous dit que Pierre et André laissèrent leurs filets et suivirent Jésus, ça ne veut pas dire qu’ils avaient tout compris. C’est après la résurrection de Jésus qu’ils ont compris qu’ils avaient la responsabilité d’annoncer l’évangile et de bâtir l’Église.
« Venez à ma suite. »
Ces mots de Jésus sont toujours actuels et s’adressent à nous aujourd’hui.
Suivre Jésus, c’est le prendre pour maître, pour guide.
C’est nous engager à sa suite sans tout savoir d’avance.
C’est demeurer disponible devant Dieu qui veut nous amener plus loin, nous transformer jusqu’à nous demander de lancer les filets.
