Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 30 juin 2020 – Matthieu 8,23-27
On a souvent vu cet épisode de la tempête apaisée comme un symbole de notre vie. La vie terrestre est vue comme un longue traversée, comme une barque qui navigue sur la mer du temps, au milieu d’épreuves qui souvent nous arrivent de manière inattendue, nous inspirant de la crainte. Nos vies se débattent souvent autour de questions comme serais-je capable de prendre telle décision, de poursuivre mes études jusqu’au bout, de me relever d’une difficulté?
Dans l’évangile aujourd’hui, ça m’a frappé, c’est Jésus, le premier, qui monte dans la barque.« En ce temps-là, comme Jésus montait dans la barque, ses disciples le suivirent. » Suivre Jésus, c’est ce que ça veut dire être disciples. S’embarquer avec Jésus, c’est accepter d’avance tous les renoncements, toutes les épreuves qui ne vont pas manquer de se présenter. Suivre Jésus et persévérer dans la foi malgré les difficultés parce que la résurrection du Christ est une victoire sur le mal et sur la mort.
Dans l’Évangile, Jésus qui invite ses disciples à le suivre sur la barque. On peut penser à ces prêtres, religieux, religieuses et laïcs qui ont répondu à cet appel du Christ. Ils ont quitté leur famille, leurs amis, leur pays pour aller vers l’inconnu. Ils ont traversé les océans pour annoncer Jésus à des peuples qui ne le connaissaient pas. Et aujourd’hui, nous voyons un peu le contraire, des prêtres africains ou d’ailleurs qui ont quitté leurs pays pour venir nous évangéliser. Oui, la bonne nouvelle doit être annoncée à tous, et en priorité aux pauvres, aux exclus, aux malades, aux prisonniers. Dieu les aime tous tels qu’ils sont, et il veut leur salut.
Quitter son pays pour répondre à l’appel de Jésus, ça suppose une grande confiance. Non seulement l’évangile nous parle de la tempête, il nous fait voir la panique des disciples. En calmant cette tempête, le Christ affirme sa victoire sur les forces du mal. Au moment où il écrit son évangile, Matthieu s’adresse à des chrétiens persécutés et désemparés par cette tempête qui les accable. Leur Église ressemble à la barque de l’évangile, et alors, comme les disciples ils appellent « Seigneur, sauve-nous! Nous sommes perdus! » C’est la prière de nombreux chrétiens d’aujourd’hui qui subissent la violence et la persécution. Mais Jésus est là et avec lui, les puissances du mal n’ont pas le dernier mot.
Ce n’est pas une histoire ancienne. Si on veut être fidèle à l’évangile, immanquablement, nous serons exposés aux difficultés de notre temps, nous aurons à vivre des tempêtes : nous aurons à lutter contre le racisme, à prendre la défense des opprimés, à faire preuve de solidarité avec les plus pauvres. Alors nous nous mettons en danger ou nous serons objets de dérision. Mais rappelons-nous, qu’avec Jésus, on n’a pas à craindre parce qu’il a vaincu toutes sortes de tempêtes. Avec lui, nous pouvons affronter les mêmes combats contre le mal et maîtriser toutes les tempêtes, celles de l’égoïsme, de la haine, de l’injustice et de la violence. Avec lui, nous avons la certitude que l’amour triomphera.
