Mgr J-C. Dufour- 30 avril 2020 – Sainte Marie de l’Incarnation – Éphésiens 3,14-19 et Matthieu 5,1-12a

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 30 avril 2020 – Sainte Marie de l’Incarnation – Éphésiens 3,14-19 et Matthieu 5,1-12a

 

« Restez enracinés dans l’amour, établis dans l’amour…ainsi vous connaîtrez ce qui dépasse toute connaissance : l’amour du Christ. » 

J’ai trouvé un texte qui nous décrit très bien cet amour du Christ.

« Il lutte contre la souffrance et contre toutes les formes du mal. Il guérit les malades ; il nourrit ceux qui ont faim ; il accueille les gens en détresse. Et par tout son comportement, il nous dit : « devant la souffrance de quelqu’un, il y a toujours quelque chose à faire : à le soigner quand il est malade, à le visiter quand il est en prison, à le vêtir quand il n’a rien à se mettre sur le dos, à le consoler quand il pleure ». C’est à cela justement, dit-il, que nous serons jugés à la fin de notre vie : à l’amour concret que nous aurons manifesté à notre prochain souffrant, au verre d’eau, au morceau de pain ou à l’obole que nous aurons su lui donner quand il était dans le besoin.

Jésus ne fait pas de discours sur la souffrance, il ne cherche pas à l’expliquer : il la prend sur ses épaules et il meurt sur la croix, parce que, dit-il : « Il n’y a pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». Aussi, est-il très proche de celui qui pleure, de celui qui souffre : « Venez à moi vous tous qui ployez sous le fardeau, et je vous soulagerai. »

En se levant du tombeau après sa mort, il nous donne l’assurance que toute passion débouche sur la résurrection, que toute mort éclatera en vie éternelle. Il ouvre à tout homme la porte de sa maison du Père où « il n’y aura plus ni pleurs ni souffrance, car Dieu lui-même essuiera toute larme des yeux de ses enfants ».[1]

Si j’ai choisi ce texte, c’est qu’il convient très bien au temps pascal, parce qu’il nous dit que toute passion débouche sur la résurrection. C’est aussi parce qu’il convenait très bien à celle que nous célébrons aujourd’hui, Sainte Marie de l’Incarnation qui conjuguait merveilleusement contemplation et action, surnommée par Bossuet « la Thérèse de la Nouvelle France » à cause de la qualité mystique de ses écrits. Elle a été déclarée sainte par le pape François le 3 avril 2014, autrement dit comme dit le texte plus haut que sa mort est éclatée en vie éternelle. Pourquoi ? À cause de son amour.

Relisant sa vie depuis sa tendre enfance, elle le reconnaît : « Dieu ne n’a jamais conduite par un esprit de crainte, mais par celui de l’amour et de la confiance ». Elle a reçu très tôt « une pente au bien » et un immense désir de répondre à cet amour et de le faire connaître.

Jeune, elle est prise d’une telle compassion pour les pauvres qu’elle veut tout leur donner. « Je ne saurais dire combien je les aimais et le ressentiment que j’avais quand on leur refusait la charité m’était fort sensible. » On disait qu’elle était « née pour faire la charité ». Elle brûle du désir que le Dieu de son amour soit connu et aimé.

Comme le disait le texte de l’évangile mentionné au début, elle était enracinée dans l’amour, établie dans l’amour… ainsi elle a connu ce qui dépasse toute connaissance : l’amour du Christ.

[1] Le texte en italique est tiré du livre « Paraboles d’Orient et d’Occident » de Jean Vernette.