Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 30 Août 2019
( 1 Thessaloniciens 4, 1-8; Matthieu 25, 1-13 )
« La volonté de Dieu, c’est que vous viviez dans la sainteté. » Saint Paul nous le dit deux fois, ce matin.
Cette volonté de Dieu, Jésus l’avait fait connaître à ses disciples en leur disant : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait ». (Mt 5,48)
Cet appel du Christ dans son exigence presque déraisonnable a retenti un jour à l’oreille de Pierre, de Jean et des autres apôtres et il vient nous rejoindre aujourd’hui, après vingt siècles. Cet appel a retenti de bien d’autres manières.
À un scribe qui lui demandait quel était le premier commandement, Jésus avait répondu : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » (Marc 12,30)
Pendant son dernier repas avec ses disciples, il leur avait dit : « Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. » (Jean 13,34)
Cet appel à la sainteté, le pape François nous l’a repris dans son exhortation apostolique « Gaudete et Exultate ».
Il écrit : « Rien n’est plus éclairant que de revenir aux paroles de Jésus… Jésus a expliqué avec grande simplicité ce que veut dire être saint, et il l’a fait quand il nous a enseigné les béatitudes. Elles sont comme la carte d’identité du chrétien. Donc, si quelqu’un d’entre nous se pose cette question, “comment fait-on pour parvenir à être un bon chrétien ?”, la réponse est simple : il faut mettre en œuvre, chacun à sa manière, ce que Jésus déclare dans le sermon des béatitudes. »
Pour le pape François, le mot bienheureux des béatitudes est synonyme de saint « parce qu’il exprime le fait que la personne qui est fidèle à Dieu atteint le vrai bonheur. » « Les béatitudes ne sont nullement quelque chose de léger ou de superficiel, bien au contraire ; car nous ne pouvons les vivre que si l’Esprit Saint nous envahit avec toute sa puissance et nous libère de la faiblesse de l’égoïsme, du confort, de l’orgueil. »
À plusieurs reprises Jésus a annoncé à ses disciples son départ de ce monde.
Vient un temps où ils devront vivre seuls, sans lui, comme nous aujourd’hui.
Quelles sortes de relations vont-ils entretenir avec le Seigneur ?
C’est alors que Jésus leur donne la parabole des dix jeunes filles ; cinq d’entre elles étaient insouciantes et cinq étaient prévoyantes. Ces jeunes filles prévoyantes vivent leur fidélité dans l’attente, aussi elles pourront entrer dans la salle de noces, c’est-à-dire dans le Royaume. Leur attente n’était pas vide ; attendre quand l’autre n’est pas là ne peut se vivre que dans l’amour, c’est-à-dire en vivant dans l’esprit des béatitudes. L’huile que ces jeunes filles ont gardée en réserve et qu’elles ne peuvent partager, c’est cet amour vécu dans l’attente fébrile du Seigneur. C’est pourquoi elle ne peut être partagée.
Cet appel à la sainteté qui nous est adressé aujourd’hui va se poursuivre toute notre vie.
Ce qui est important, c’est le garder de l’huile en réserve, garder cet amour vécu dans l’attente fébrile du Seigneur.
Gardons nos yeux fixés sur la lumière du Seigneur, sur « Dieu lui-même, lui qui vous donne son Esprit Saint », comme vient de nous le dire saint Paul.
