Mgr J-C. Dufour- 3 octobre 2020 – Vierge Marie, Mère de l’Église – Luc 10,17-24

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 3 octobre 2020 – Vierge Marie, Mère de l’Église – Luc 10,17-24

 

«  Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez! »

« Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint. » Ses disciples viennent tout juste de revenir de mission ; ils lui font rapport et il se réjouit. Il nous invite même à nous réjouir avec lui, à partager sa joie. Il dit : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits ». Il y a des auteurs qui ont dit de ce passage de l’évangile était le magnificat de Jésus.

C’est vrai qu’il ressemble au Magnificat de Marie. Ça vaut la peine, surtout en célébrant de Vierge Marie, Mère de l’Église que je vous lise plusieurs versets : « Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

Jésus est heureux, Marie l’est aussi !   Leur joie est source d’espérance. C’est difficile pour une personne qui n’a rien à espérer d’être heureuse. Et, qu’est-ce que nous espérons ? Nous espérons le retour de Jésus et son Royaume, un royaume de justice et de paix, comme le décrivait le prophète Isaïe : « Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra ; sur le trou de la vipère, l’enfant étendra la main. »  (Isaïe 11,6-8)

Jésus et Marie, dans leur Magnificat, se basent sur des réalités bien concrètes pour déclarer leur joie.   Nous aussi ! Nous sommes appelés à reconnaître la présence de Jésus parmi nous. Notre espérance n’a pas ses origines dans l’optimisme humain, mais dans la Parole de Dieu, de Dieu lui-même. Cette espérance est donc nécessaire dans un monde qui a tellement besoin de paix et d’unité, de justice et d’amour.

Notre espérance, l’espérance chrétienne est un rayon de lumière et une source de chaleur pour le monde. Mais elle appartient seulement à ceux et celles qui sont simples et humbles de cœur de chanter leur joie devant le mystère d’amour du Royaume.

« Accueille, Seigneur, nos offrandes pour en faire le mystère de notre salut : que sa puissance brûle nos cœurs du même amour que la Vierge Marie, Mère de l’Église. »  [1]

[1] Prière sur les offrandes.