Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 3 novembre 2023 – Romains 9, 1-5
J’ai choisi aujourd’hui de m’arrêter sur la première lecture.
C’est vrai que les mots de saint Paul m’ont touché quand il dit « J’ai dans le cœur une grande tristesse, une douleur incessante. »
Et puis, j’ai été touché par un commentaire qui disait que les huit premiers chapitres de l’épitre aux Romains, c’était au fond l’histoire de l’enfant prodigue chez qui le péché avait abondé, mais la grâce avait surabondé. Il n’est pas devenu un serviteur comme il l’avait imaginé; son père a fait de lui un fils à part entière.
À partir du 9e chapitre, c’est le début de la lecture de ce matin, c’est l’histoire du frère aîné qui commence, l’histoire du peuple juif avec ses privilèges naturels et sa jalousie.
Mais, on ne peut pas douter que le Seigneur ait épuisé toutes les ressources de son amour. Il suffit de penser aux larmes du Seigneur Jésus sur Jérusalem coupable, douleur à laquelle l’apôtre donne un écho poignant dans notre lecture.
Paul nous le dit, il est convaincu que Dieu n’a pas rejeté son peuple.
Nous savons que Saint Paul, tout au long de son ministère a côtoyé des juifs convertis à Jésus-Christ. Il a rencontré aussi des juifs qui pensaient que, s’ils adhéraient à Jésus, il trahirait leur foi. Ces rencontres de Saint Paul ont été des plus douloureuses et parfois même violentes. Il savait de quoi il parlait puisqu’il avait vécu la même chose alors qu’il persécutait les chrétiens.
« J’ai dans le cœur une grande tristesse, une douleur incessante… »
parce que beaucoup de juifs avaient reçu de grands dons mais ils n’ont pas sur reconnaître le Christ. Ces dons qui ne sont pas les moindre, Saint Paul les cite : l’adoption, la gloire, les alliances, la Loi, le culte, les promesses de Dieu, les patriarches.
Sept, comme un chiffre symbolique de perfection, de plénitude. Et un huitième don : le Christ qui est juif lui aussi donc toujours héritier de la Promesse et de l’Alliance.
Pour cette raison, saint Paul affirmera que quelque chose se produira un jour, dont il ignore la nature, mais il en a la certitude.
Je dirais que sa prière devient la nôtre lorsque
le Vendredi Saint nous prions en disant :
« Prions pour les Juifs à qui Dieu a parlé en premier :
qu’ils progressent dans l’amour de son Nom et la fidélité de son Alliance. »
Cette prière sera-t-elle exaucée?
Elle est désormais entre les mains de Dieu.
