Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 3 Novembre 2018
( Luc 14, 1.7-11 )
Je m’arrête à cette demande qu’on vient de faire dans la prière d’ouverture :
« Accorde-nous la vraie liberté. »
Qu’est-ce que c’est « la vraie liberté » ?
Quand je travaillais en pastorale scolaire, je faisais affaire avec des adolescents en rêve de liberté. Évidemment, la question était soulevée parfois. Alors je leur demandais :
« Qu’est-ce que c’est la liberté pour vous ? »
Invariablement, ils me répondaient toujours que c’était pouvoir choisir. Alors je mettais un vingt-cinq sous sur un coin du bureau et un billet de 2$ sur l’autre coin. Alors je demandais à un étudiant
« Si je te dis de prendre ce que tu veux, qu’est-ce que tu vas prendre? « Le billet de 2$. »
Je posais la même question à d’autres. C’était toujours le 2$. Je leur disais
“Vous me dites que la liberté, c’est de choisir, mais vous prenez toujours la même chose. Vous n’êtes pas libres.”
Il y avait toujours un petit fin finaud qui levait la main pour me dire :
“moi, je vais prends les deux.”
Alors j’avais une belle chance de leur faire comprendre que la liberté, c’est la possibilité de prendre ce qu’il y a de meilleur pour nous en ajoutant que, malheureusement, on ne sait pas toujours ce qui est le mieux pour nous.
Dans les Actes des Apôtres[1], saint Luc nous parle des apôtres qui sont mis en prison après avoir fait des guérisons et rassemblé de grandes foules qui les écoutaient. Libérés miraculeusement pendant la nuit, on les découvre le lendemain prêchant à nouveau dans le Temple. On les fait arrêter de nouveau, on les amène devant le Sanhédrin qui finit par les libérer après les avoir fait fouetter. Punis injustement,
« ils s’en allèrent tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus. »
La joie d’imiter Jésus passait bien en avant les humiliations qui auraient bien pu mettre fin à leur zèle. Ils ont su choisir Jésus malgré les obstacles sur leur route.
Le pape François disait que c’était la liberté des amoureux de Jésus parce que les amoureux de Jésus savent que Jésus leur a tout donné, que Jésus a souffert pour eux, alors, eux aussi, sont prêts à tout faire pour lui.
La vraie liberté, on la voit en Jésus. Vous vous rappelez qu’après le miracle de la multiplication des pains, la foule voulait se saisir de lui pour en faire son roi. Mais lui avait prévu le coup et s’était retiré dans la montagne. Il ne se laisse pas tromper par la gloire, le triomphalisme. Jésus a toujours choisi de faire la volonté de son Père malgré tous les obstacles qu’il rencontrait sur la route. La vraie liberté, il l’avait encore exercée en repoussant les tentations de Satan dans le désert, toujours pour suivre la volonté de son Père. Malgré tout ce qu’on pouvait lui présenter qui pouvait paraître extraordinaire, Jésus est demeuré capable de choisir de faire la volonté de son Père jusqu’à souffrir et mourir sur une croix. Il est l’exemple parfait de la vraie liberté.
Commentant ces textes, le pape François disait :
‘Sommes-nous libres de suivre Jésus avec joie, même dans les difficultés ou les souffrances, comme les apôtres ?
Sommes-nous libres des passions, des ambitions, de la mode, comme Jésus ?
‘Dieu qui a envoyé ton Fils pour nous sauver…, accorde-nous la vraie liberté et la vie éternelle’
[1] Actes 5.
