Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 3 juillet 2024 – Jean 20, 24-29 – Saint Thomas, apôtre
« Son amour envers nous s’est montré le plus fort, éternelle est la fidélité du Seigneur. »
Ces mots du psaume nous disent la conviction qui habite le cœur du psalmiste; Dieu pour lui a deux qualités essentielles : l’amour et la fidélité. C’est notre foi aussi ! S’il nous arrive de mettre à mal nos liens avec le Seigneur, lui, de son côté nous garde son amour et sa fidélité. Il ne nous abandonnera jamais. On le voit très bien dans l’évangile de ce matin qui nous raconte la rencontre entre Thomas et le Ressuscité.
Thomas n’était pas avec les autres disciples quand Jésus était venu.
Quand ils le voient, ils lui disent : « Nous avons vu le Seigneur ».
Thomas réagit fortement.
Quand saint Jean nous parle de voir, il ne nous parle pas de ce que voient les yeux de notre corps, mais de cette manière de voir des croyants suite à l’action de l’Esprit Saint en eux.
Aussi, quand Thomas dit : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans les marques des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non je ne croirai pas ».
Ce n’est pas un doute, mais un vrai cri « au secours ». Thomas appelle le Seigneur à son aide ; lui aussi voudrait voir, croire comme ses confrères.
Huit jours plus tard, Jésus vient répondre à la prière de Thomas.
C’est la parole du psaume qui se réalise. Dieu, en Jésus, manifeste à Thomas son amour et sa fidélité tout en lui disant :
« Cesse d’être incrédule, sois croyant ! »
Comme tous les autres, Thomas avait fui après la condamnation et la mort de Jésus sur une croix. Rongé par la culpabilité, il a besoin d’être remis debout. C’est lui qui a besoin d’être ressuscité parce qu’il n’arrive pas à croire que la miséricorde du Seigneur a triomphé de son péché.
Croire, c’est communier à un Dieu qui n’est que Miséricorde. C’est à cette foi que Jésus l’appelle quand il lui dit :
« Cesse d’être incrédule, sois croyant ! »
« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous,
si je ne mets pas mon doigt dans les marques des clous,
si je ne mets pas la main dans son côté,
non je ne croirai pas ».
Les plaies de Jésus sont un véritable livre qui nous permet de lire, non pas une accusation, mais la miséricorde qui est la manière de Dieu de nous dire son amour.
C’est ce que Thomas a pu lire ce jour-là. Aussi, le cri d’action de grâce qui jaillit de son cœur en s’écriant :
« Mon Seigneur et mon Dieu »
est un cri de foi en la toute-puissance de la miséricorde divine.
Comme Thomas, nous pouvons voir dans les plaies de Jésus un véritable livre où on peut voir que les plaies de Jésus, loin d’être une condamnation, nous traduisent l’immense miséricorde du Seigneur. Les plaies de Jésus, le sang et l’eau qui jaillissent de son côté sur la croix, ne nous parlent pas de mort, mais de vie.
Vraiment, elle est belle la prière du psalmiste, une prière qui s’est réalisée en Jésus :
« Son amour envers nous s’est montré le plus fort,
éternelle est la fidélité du Seigneur. »
