Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 3 janvier 2021 – L’Épiphanie du Seigneur – Mt 2, 1-12
« Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie, sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. »
Parce que nous sommes un jour entrées dans la maison, dans l’Église, par le baptême, parce que nous avons vu l’enfant avec Marie, sa mère ; parce que nous avons découvert le Christ et que nous savons que c’est lui le Sauveur tellement attendu, nous sommes venus aujourd’hui lui rendre nos hommages comme les Mages, nous prosterner, ouvrirent nos coffrets, nos cœurs, pour lui offrir ce que nous avons de meilleurs : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
L’or, c’est quelque chose de précieux, symbole de richesse.
Aujourd’hui, nous sommes venus offrir au Seigneur ce que nous avons de plus précieux dans notre cœur, les richesses de notre cœur : notre amour, nos amitiés, nos solidarités, nos sympathies, nos gestes d’accueil, de partage. Il n’y a rien de plus grand que nos amours, c’est le commandement le plus grand, l’or le plus précieux.
On peut dire que c’est un présent qui convient bien au Seigneur : il est lui-même un Roi d’amour et de miséricorde, de justice et de bonté, celui seul en qui nous pouvons trouver toutes ces richesses que ni les vers ni les mites ne peuvent ronger. Tout est enveloppé dans le règne de son amour.
Deuxième présent des Mages : la myrrhe : ce parfum précieux et de grand prix utilisé pour embaumer les morts : symbole de nos peines et de souffrances, mais aussi signe aussi d’espérance et de résurrection.
Aujourd’hui, nous pouvons ouvrir nous aussi nos présents, nos cœurs, pour offrir au Seigneur la myrrhe de nos souffrances et de nos difficultés, offrir nos peines, nos soucis, nos deuils, nos brisures, tout ce qui nous tracasse, lui offrir aussi nos rêves et nos espoirs, nos faims, nos soifs d’amour, de communion et de paix.
Ça aussi, c’est un présent qui convient bien au Seigneur : parce que nous reconnaissons en Lui Celui qui est descendu du ciel pour venir vivre nos vies d’hommes et de femmes, vivre nos succès et nos échecs, Celui qui souffrira sa Passion jusque sur une croix, Celui qui est ressuscité le 3e jour ; premier-né d’entre les morts, le chemin de nos espoirs.
Troisième présent des Mages : de l’encens. Il y en avait toujours qui brûlait dans le temple de Jérusalem. L’encens, c’est le signe de la prière qui s’élève de nos cœurs pour monter jusqu’à Dieu. Au temps de Jésus, c’était un grand présent, réservé seulement aux grands de ce monde. L’encens est signe aussi de respect pour quelqu’un qui est plus grand que nous.
Encore un présent qui convient bien. Ouvrons les coffrets de nos cœurs pour offrir au Seigneur notre prière qui, comme un parfum agréable, manifeste notre foi au Christ ressuscité, notre prière qui est signe de respect de Dieu, de notre respect des êtres et des choses. Présentons au Seigneur l’encens de nos prières personnelles et communautaires, de toutes ces prières qui surgissent au fil des évènements qui font nos vies.
Un autre présent bien ajusté à Celui à qui nous l’offrons parce qu’Il a présenté sa vie à Dieu un sacrifice d’agréable odeur, parce que Jésus s’est souvent retiré à l’écart pour prier, parce qu’Il a prié dans la souffrance et les larmes. Présent qui convient bien encore parce que Lui-même a un respect sans limite pour les petits et pour les êtres que nous sommes.
Pendant cette célébration, comme les Mages, ouvrons les coffrets de nos cœurs pour offrir au Seigneur ce que nous avons de plus précieux :
l’or de notre amour, la myrrhe de notre espérance, l’encens de notre respect et de nos prières.
