Mgr J-C. Dufour- 3 janvier 2020 – Saint Nom de Jésus – Jean 1,29-31

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 3 janvier 2020 – Saint Nom de Jésus – Jean 1,29-31

 

Quand nous célébrons la fête d’un saint, nous le faisons pour deux raisons : d’abord nous le faisons en raison de leur élévation spirituelle qu’on peut proposer aux croyants et ensuite en raison de ce qu’il a fait dans notre monde.

Jean-Baptiste avait déjà saisi qui était Jésus, il avait vu comment il était saint :   « L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi,  car avant moi il était.  Et moi, je ne le connaissais pas;  mais si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël.»

Ainsi, Jean-Baptiste nous place  devant  la plus grande surprise de tous les temps,  une surprise inexplicable pour nous,  celui d’un Dieu a planté sa tente au cœur de l’humanité et au milieu de nos chemins les plus douloureux.  Il me semble que ça vaut la peine aujourd’hui,  dans le silence et dans l’adoration,  de nous arrêter devant cette espace infini  de générosité et de miséricorde.  Prenons conscience comment Jésus est saint,  lui qui est né de Dieu :  « Il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. » (Jn 1,14)  Comme l’aveugle qui a retrouvé la vue,  on ne peut que se prosterner devant un Nom qui est si saint.

Mais saint Jean nous propose encore de saisir comment le nom de Jésus est saint en raison de ce qu’il est venu faire pour nous.  « Voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu.  Bien-aimés. Dès maintenant nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté… nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est ». Le pape François disait que ce n’était pas seulement une question de maquillage;  « ce n’est pas seulement une question de nous faire beau, belle :  Jésus a tout changé,  de l’intérieur ». Dieu avait créé le monde,  l’homme est tombé dans le péché;  Jésus vient pour recréer le monde.  Saint Jean nous l’avait déjà dit dans le prologue de son évangile :  «  Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. » (Jn 1.12)

Jésus nous a changés en profondeur,  en nous recréant à neuf,  il nous donné  « Le pouvoir de devenir enfants de Dieu ».   Évidemment, ce n’est pas quelque chose d’automatique.  C’est en accueillant Jésus,  en le reconnaissant, en faisant l’expérience de Dieu qu’on devient enfants de Dieu. C’est en permettant à Dieu de venir en nous qu’on le devient.  C’est vrai qu’un jour nos parents ont dit pour nous, à notre baptême,  que nous désirions être enfants de Dieu,  mais on n’en finit pas d’être baptisé.  On n’en finit jamais d’entrer en Dieu ou de laisser Dieu nous transformer en filles, en fils de Dieu.

La lettre aux Philippiens nous fait comprendre que « Dieu, en toute justice, se devait d’élever Jésus au plus haut des cieux,  de l’honorer d’un nom souverain.  C’est sous ce nom de Jésus, à la fois si glorieux et si doux, qu’il prit pour obéir, servir, souffrir et mourir,  qu’il sera reconnu Seigneur et recevra l’hommage universel.  Quel est le prix de ce Nom dans notre cœur?