Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 3 février 2023 – Marc 6, 14-19
Dans l’évangile, ce matin, saint Marc nous raconte la fin de Jean-Baptiste.
C’est incroyable de voir comment son récit ressemble à la mort de Jésus.
Jean-Baptiste et Jésus sont des gens qui dérangent.
Jean-Baptiste dénonce l’adultère d’Hérode et d’Hérodiade. Et Jésus dérange les grands prêtres et les scribes en laissant entendre qui il est.
Pour cette raison, on veut les éliminer. Hérodiade veut tuer Jean-Baptiste, mais elle n’a pas le droit de le faire.
Les grands-prêtres et les scribes cherchent à se saisir de Jésus, mais eux aussi n’ont pas l’autorité pour le tuer.
C’est Hérode qui a autorité de tuer Jean-Baptiste, mais il ne veut pas. Il craignait Jean, il savait que c’était un homme juste et saint et il le protégeait.
Pilate qui a l’autorité de tuer Jésus ne veut pas le faire, lui non plus. Il sait que c’est par envie que les grands-prêtres l’ont livré.
Hérode, « quand il avait entendu Jean-Baptiste, était très embarrassé; cependant il l’écoutait avec plaisir. »
Pilate vivait un peu la même chose, il était étonné de voir que Jésus refusait de répondre à ses questions.
Hérode ne veut pas tuer Jean-Baptiste, même qu’il le protège.
Pilate ne veut pas tuer Jésus, il ne trouve rien de coupable en lui.
Hérodiade et les grands-prêtres attendent un moment propice pour agir. Ce moment arrive enfin.
Pour Hérodiade, c’est grâce à la danse de sa fille.
Pour les grands-prêtres, c’est Judas qui va les trouver et qui se dit prêt à livrer Jésus.
Lors d’un dîner de fête, Hérode se met les pieds dans les plats en offrant la moitié de son royaume à la fille d’Hérodiade qui lui avait plu en dansant devant lui. Elle va trouver sa mère qui saute sur l’occasion.
C’est également au cours d’un repas de fête que Judas sort et va voir les grands-prêtres et les scribes qui ne manquent pas de saisir l’occasion.
Hérode qui était content de la fille d’Hérodiade lui fait une offre : « je te donnerai la moitié de mon royaume ».
Pilate, lui aussi, fait une offre à la foule : la libération de Jésus ou le meurtrier Barabbas.
Dans les deux cas, la fille d’Hérodiade et la foule choisissent l’offre la moins avantageuse :
la mort de Jean-Baptiste au lieu de la moitié du royaume, la foule se contente de la libération du criminel Barabbas au lieu de celui qui était pour la non-violence.
À cause de son serment et des convives, Hérode se sent obligé d’aller contre ses convictions intérieures.
Pilate, de son côté, se sent obligé de sauver son plan de carrière.
Incroyable ces ressemblances.
Ce matin, nous faisons mémoire du Sacré-Cœur.
Puisse cette lecture nous rappeler l’amour de Jean-Baptiste qui annonçait la venue du Sauveur,
et l’amour de Jésus lui-même qui n’hésita pas à tout nous donner, même le don de sa vie.
« Que demeure l’amour fraternel »,
nous disait la lettre aux Hébreux.
