Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 3 Avril 2019
( Jean 5, 17-30 )
Hier, saint Jean nous racontait que Jésus avait guéri un paralysé le jour du sabbat et qu’on le persécutait pour cette raison.
Alors, Jésus déclare aux juifs qui le critiquaient : « Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre. »
Un beau sujet de méditation ! « Mon Père est toujours à l’œuvre. » Jésus déclare aux Juifs que son Père veut faire pour toute l’humanité ce que lui vient de faire pour le pauvre homme guéri après 38 ans de maladie.
Tout avait commencé avec la création qui était parfaite aux yeux de Dieu. À la fin de chaque jour, il voyait que c’était bon et même très bon. Après s’être reposé de toute son œuvre, le Père a vu le péché faire son entrée dans le monde avec son lot de souffrances, de misère et de mort. C’est à partir de ce moment-là que Dieu s’est donné un projet de rédemption, une œuvre de salut que les lectures ne cessent de nous rappeler dans nos célébrations. Finalement, le Père a réalisé une œuvre sans nom, l’envoi de son propre Fils dans notre monde pour nous guérir de nos paralysies, nous mettre debout.
« Mon Père est toujours à l’œuvre. »
« Et moi aussi, je suis à l’œuvre. » Faire les œuvres du Père, ça toujours été la grande préoccupation de Jésus.
Quand ses parents lui manifestent leur surprise après sa fugue à l’âge de 12 ans, il leur répond : « Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père? »
Après sa rencontre avec la samaritaine au puits de Jacob, il avait affirmé à ses disciples : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre. » (Jn 2,34) On voit que, chez Jésus, il y avait un vrai dévouement du cœur, un service total.
Saint Luc nous raconte comment, au coucher du soleil, on lui amenait les malades et les infirmes et qu’il les guérissait ! Aux foules qui voulaient le retenir, il disait : « Il faut que j’annonce le royaume de Dieu… car j’ai été envoyé pour cela. » À un autre moment, il dira : « J’ai d’autres brebis… il faut que je les amène, elles aussi. »
Définitivement, Jésus avait à cœur de faire l’œuvre de son Père.
Quelle est cette œuvre que Jésus avait tellement à cœur d’accomplir ?
Quand Nicodème vient le rencontrer pendant la nuit, Jésus lui révèle l’essentiel de son œuvre en lui disant :
« De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. » (Jn 3,14-15)
Toute l’œuvre de Jésus, c’est le salut du monde, c’est de nous guérir de nos paralysies, de nous remettre debout, de nous donner la vie même de Dieu qui est vie éternelle comme il le dira lui-même à la fin de sa vie en disant :
« Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés… Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donné à faire.» (Jn 17,1-5)
Que pouvons-nous retenir de cet évangile ?
Quand il a été baptisé dans le Jourdain, quand il est apparu transfiguré sur la montage, le Père a déclaré : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le. »
Je pense qu’il nous faut toujours écouter Jésus nous redire : « Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre » pour vous sauver, vous conduire à la vie éternelle.
Je pense aussi qu’on se doit de rendre grâce pour l’œuvre du Père et du Fils. Il me semble qu’il y a là aussi un appel à poursuivre, à notre tour, l’œuvre du Père et de Fils avec tout le secours de l’Esprit-Saint.
