Mgr J-C. Dufour – 29 novembre 2021 – Mt 8,   5-11

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 29 novembre 2021 – Mt 8,   5-11

 

Quand j’ai lu l’évangile d’aujourd’hui, pour préparer mon homélie, l’histoire d’un centurion romain qui demandait la guérison de son serviteur,  j’ai été déçu.  Nous sommes quand même au premier lundi de l’Avent.  Hier, c’était le premier dimanche de l’Avent, le début de l’année liturgique.

C’est un temps important, le temps de l’Avent.

Et puis, pour nous, les croyants, nous nous appuyons sur notre foi, sur les promesses que Dieu nous a faites.

Déjà au temps de la Genèse, Dieu dit au serpent :  « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon. »

Toute la semaine que nous venons de vivre était centrée sur la Parole de Dieu annonçant les derniers temps.  Mardi dernier, par exemple, c’est Daniel qui disait :  « Le Dieu du ciel suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, et dont la royauté ne passera pas à un autre peuple »

Aujourd’hui,  c’est le prophète Isaïe qui déclare : « De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles.  Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée; ils n’apprendront plus la guerre. »

Et puis, peu à peu, les prophètes ont annoncé un messie, un sauveur, un libérateur, un berger.  Marie et Joseph, Zacharie et Élisabeth, Syméon et Anne étaient de ceux qui attendaient.  Et le Christ est venu.  Lui-même, le Christ a annoncé son retour à la fin des temps :

En saint Jean :  « Quand je serai parti vous préparer une place, reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. » (Jn 14,1-3­)

Lors de l’Ascension, un ange dit aux apôtres :

« Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ?  Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. » (Actes 1,10-11)

Tout était magnifiquement résumé dans la préface d’hier ?

«  Car il est déjà venu en prenant la condition des hommes pour accomplir l’éternel dessein de ton amour et nous ouvrir le chemin du salut;  il viendra de nouveau, revêtu de sa gloire, afin que nous possédions dans la pleine lumière les biens que tu nous as promis et que nous attendons en veillant dans la foi. »

La question qui se pose : Comment vivrons-nous cette annonce, ce message d’espérance ?   Comment vivrons-nous  cette attente de Jésus ?  Comment aurons-nous sur chaque événement, sur chaque être un regard renouvelé ?

Il n’y a pas si longtemps, Jésus disait à ses disciples : « Mais, quand le Fils de l’homme viendra,, trouvera-t-il  la foi sur la terre ? »

Aujourd’hui, l’Église nous invite à vivre cette attente à la manière du centurion romain.  Lui aussi vit une attente, que son serviteur guérisse.  Il a une foi active qui lui permet d’espérer au-delà de toute espérance.  Il sort de chez lui, va trouver Jésus et lui fait une demande.  Jésus reconnait en lui une foi qu’il n’a jamais vu en Israël.

Aujourd’hui, j’ai vu  chez ce centurion  quelque chose que je n’avais jamais remarqué.
Il fait sa demande à Jésus en commençant pour lui dire :  « Moi-même qui suis soumis à une autorité »… « Moi-même, qui suis soumis à une autorité ».   Il  ne revendique pas le rang de chef de commandement de 100 hommes. Il ne met pas en avant son titre et son pouvoir.  Son seul argument,  c’est celui d’être lui-même le serviteur de quelqu’un : «Moi qui suis soumis à une autorité ».  Il est semblable à Jésus qui ne revendiqueras pas son rang de fils de Dieu et se fera serviteur.  Le centurion se soumet à la volonté du Christ comme le Christ s’est soumis à la volonté du Père.  Il devient en quelque sorte un autre Christ.

Je pense que c’est comme ça que l’Église nous invite à vivre le temps de l’Avent.

  • -comme des petits, des humbles qui se présentent au Christ, qui ne cherchent qu’à faire la volonté du Père.
  • -Elle nous invite à vivre la charité du Christ, celle du centurion.  C’est quelque chose la charité du centurion,  il est un chef, quelqu’un d’important et il met tout en œuvre pour son esclave.  C’est presque du jamais vu.
  • -Le centurion prie Jésus pour son serviteur « qui souffrent terriblement ».  Il me semble que l’Église, en ce temps de l’Avent,  nous invite à prier pour tous ces gens qui dans notre monde,  souffrent terriblement, n’en peuvent plus, qui manquent d’espérance.