Mgr J-C. Dufour – 29 novembre 2020 -1er dimanche de l’Avent – Marc 13,33-37

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 29 novembre 2020 – 1er dimanche de l’Avent – Marc 13,33-37

 

Veillez, car vous ne savez pas quand le maître reviendra. Souvent nous voyons dans ce texte une exhortation à attendre dans la crainte le jour du jugement. Ce qui intéresse Jésus, ce n’est pas le jugement dernier et la fin du monde, mais bien notre comportement de tous les jours. C’est aujourd’hui que le Christ nous invite à une vigilance active et constante.  La qualité de vie de notre famille, de notre Église et de notre monde en dépend.   Dieu nous fait confiance et il compte sur nous.

 

Dans la vie, les moments qui précèdent les événements importants sont pleins de fébrilité et de mouvements : les fiançailles, la naissance d’un enfant, le retour d’une personne chère, les résultats d’une recherche, l’aboutissement d’un projet… Il en est ainsi de l’Avent, c’est une période d’activités, de préparation et d’attente. Noël s’en vient!  Il nous faut être vigilants et bien utiliser le temps qui nous est accordé. Il nous faut profiter du moment présent pour rendre notre monde plus humain, plus beau, plus «vivable». Jésus nous voit comme une maison où l’on veille, une maison aux fenêtres éclairées quand toutes les autres sont dans le noir.

 

Autrefois, nous parlions de l’Église militante. Aujourd’hui, il faut parler de l’Église vigilante, c’est-à-dire d’une Église, d’une communauté pleinement consciente de ses responsabilités et désireuse de vivre selon les valeurs proposées par le Seigneur. J’ai lu quelque part cette belle phrase : «  Avec une caméra de surveillance, on surveille au nom de la loi, mais nous, quand on veille, on le fait au nom de la tendresse.» «Veiller» révèle la tendresse que nous avons pour ceux et celles que nous aimons. La mère de famille qui veut rendre sa maison accueillante veille continuellement. Lorsqu’un enfant est malade, la mère et le père veillent et entourent l’enfant…

 

Dans un livre, un poète irlandais nous raconte l’histoire d’une femme qui attendait le retour de son mari. Il était parti, il y a trois mois, sur un bateau de pêche et maintenant, chaque jour, elle se rend au bout du quai, scrute l’horizon espérant le retour de celui qu’elle aime. Elle connaît les dangers de la mer, mais elle a la certitude que son mari reviendra. Elle le serrera sur son cœur et le conduira à la maison pour y retrouver leurs enfants. Pour son retour, elle a préparé des mets spéciaux, confectionné des vêtements neufs, nettoyé et décoré la maison. Son attente est pleine de projets et pleine d’espérance.

 

Dans un foyer pour personnes âgées, un vieillard se prépare à la visite de sa fille. Il sait qu’elle viendra et cela lui donne la joie et l’espérance nécessaire pour affronter les difficultés de la vie quotidienne.

 

Dans l’évangile, chaque jour un Père se rend sur le haut de la colline, attendant le retour de son plus jeune fils. Lui aussi espère, et il pense à la fête qui suivra les retrouvailles avec son fils prodigue.

 

Veiller, être prêts, bien utiliser le temps qui nous est donné ! Si aujourd’hui nous avions à rencontrer notre créateur, serions-nous prêts ? C’est la question que nous pose l’Avent… non pas pour nous effrayer, mais pour nous inviter à utiliser de façon responsable le temps qui nous est donné. Dieu nous fait confiance, Il nous invite à la vigilance.

 

On dit souvent que la religion est l’opium du peuple, qu’elle nous empêche de vivre le moment présent, en attendant le ciel, en attendant la mort. C’est tout le contraire ! Le christianisme nous invite à être vigilants et actifs maintenant, chaque jour. Dieu nous confie le petit monde dans lequel nous vivons et nous invite à la vigilance pour l’améliorer. C’est une belle et importante responsabilité !

 

Veillez, car vous ne savez pas quand le maître reviendra.