Mgr J-C. Dufour – 29 mars 2021 – Isaïe42, 1-7

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 29 mars 2021 – Isaïe42, 1-7

 

La lecture du livre d’Isaïe ! Quelle belle manière d’entrer dans la semaine sainte ! On a appelé cette section du livre d’Isaïe « l’évangile de l’Ancien Testament ». Pour les chrétiens ont rapidement compris que ce texte nous parle du Christ.

 

Dans la première partie, un peu le premier paragraphe, c’est Dieu qui parle. Il parle de son serviteur, le Christ pour le présenter au monde, pour nous le présenter.

 

Il commence par nous dire qu’il a mis son Esprit sur lui. On se souvient que lors du baptême de Jésus par Jean Baptiste l’Esprit vint demeurer sur lui et une voix venant du ciel dit : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »   Confiant dans la puissance de la vérité, il accomplira sa mission sans ostentation et sans violence, mais seulement par la douceur. Il établira le droit, sans user de la force comme les rois de ce monde. On viendra vers lui, attiré par sa douceur et sa bienveillance. Il n’aura pas besoin de hausser le ton, celui qui est dans la vérité entendra sa voix.

 

« Il ne brisera pas le roseau qui fléchit ; Il n’éteindra pas la mèche qui faiblit. »   C’est une façon de décrire comment il se comportera envers ceux qui sont abattus par la souffrance et qui sentent leurs forces défaillir. Jésus le dira lui-même en s’écriant : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. » (Mt 11,28-29)

 

« Il ne faiblira pas, il ne fléchira pas. »   Oui, il sera doux et humble de cœur, mais sa douceur ne sera pas un signe de faiblesse. Il aura la persévérance, cette patience qui est la force des faibles.   C’est sans faiblesse qu’il poursuivra son œuvre jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’elle soit achevée.

 

Si dans la première partie de cette lecture, Dieu nous présentait son serviteur, dans la deuxième partie qui correspond au deuxième paragraphe, il parle à son serviteur comme au Christ. « Je fais de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations : tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres. »

 

Ce serviteur apportera le salut à tous les malheureux, quels qu’ils soient. On peut penser aux paroles du vieillard Syméon qui résume ce que sera Jésus en deux mots : « Lumière des nations, gloire de ton peuple ».   On peut penser au premier discours de Jésus dans la synagogue de son village.   On peut penser encore à ses paroles :    « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. »  (Jn 8,12)

 

Cette première lecture est précieuse. Elle vient entrevoir déjà que la Passion de Jésus, ce sont ses souffrances bien sûr, mais que la Passion de Jésus, c’est aussi et surtout sa passion d’amour pour l’humanité, pour chacun et chacune de nous.