Mgr J-C. Dufour – 29 mai 2021 – Saint Paul VI – Marc11,  27-33

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE :  29 mai 2021 – Saint Paul VI – Marc11,  27-33

 

Jésus vient tout juste d’expulser les vendeurs du Temple. Ensuite, il enseigne ; la foule est frappée par son enseignement. Voyant qu’il avait les faveurs de la foule, les grands prêtres et les scribes ne sont pas contents du tout. Ils trouvent que Jésus devient dangereux pour eux et qu’il faudrait l’éliminer.  Mais la foule étant favorable à Jésus, ils n’osent pas intervenir, ils ont peur d’elle. Alors il faudrait qu’ils réussissent à mettre la foule de leur côté.  Ils trouvent que le meilleur moyen qui se présente à eux, c’est de tendre un piège à Jésus en lui posant des questions.

 

« Par quelle autorité fais-tu cela ? »
L’autorité, c’est le mot important dans cet évangile. Mais qu’est-ce que l’autorité ?
L’autorité, c’est avoir le pouvoir de décider afin de « donner confiance à l’autre », afin de permettre à l’autre de devenir l’acteur de sa vie. Par exemple, l’autorité des parents, c’est de permettre à leur enfant de grandir, de construire sa vie.
L’autorité de Jésus vient de Celui qui en est la source, il est l’envoyé de Dieu. Son autorité est une puissance d’amour créatrice qui se manifeste dans son enseignement et dans sa Parole qui guérissait et libérait.  Jésus n’a jamais forcé personne à l’écouter, n’a jamais forcé personne à lui obéir, il n’a jamais voulu dominer ceux qui l’entourent. Mais il a toujours voulu aider les gens à se réveiller, à se lever, à s’épanouir sous le soleil de Dieu. Par sa parole, il remue, relève, fait grandir, invite à un changement de vie.

 

Nous faisons mémoire aujourd’hui du pape Paul VI qui est devenu le successeur de saint Pierre, qui avait l’autorité du chef de l’Église. Il a mis ses énergies au service de l’Évangile, de l’Église et de l’humanité.

Défenseur de la vie humaine, de la paix, et du vrai progrès de l’humanité, comme le montrent ses enseignements, il voulait que l’Église, en s’inspirant du Concile, redécouvre toujours davantage son identité, en dépassant les divisions du passé, et qu’elle soit plus attentive aux temps nouveaux. Qu’elle soit l’Église du Christ, qu’elle mette toujours Dieu à la première place ; qu’elle annonce l’évangile ; qu’elle construise pour les hommes cette « civilisation de l’amour », inaugurée par l’Esprit de la Pentecôte.

Au cours d’un voyage à Rome, j’ai été impressionné par le monument funéraire à son nom, une simple plaque de marbre posée à plat sur la terre.  Je ne savais pas qu’il avait écrit dans ses notes : « pas de monument pour moi ». Le vrai monument, il l’avait construit avec son témoignage, avec ses œuvres, avec ses voyages apostoliques, avec l’œcuménisme.
C’était tout ça son autorité.