Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 29 août 2020 – Martyre de Jean-Baptiste – Marc 6,17,29
En lisant cet évangile, on ne peut qu’être surpris de la réaction d’Hérode. D’un côté, l’évangile nous dit « qu’il protégeait » Jean-Baptiste, probablement à cause la haine d’Hérodiade « qui cherchait à le faire mourir. » Il avait peur de Jean qui lui disait ses vérités, mais il le considérait comme « un homme juste et saint », deux qualificatifs qu’on attribue normalement à Dieu. Hérode sait que Jean, à cause de sa parole, est un « homme de Dieu », un prophète du Seigneur qui parle et lui demande de se convertir. Autrement dit, nous sommes en présence d’un roi profondément divisé : d’un côté, il aimait bien être à l’écoute du prophète et de l’autre côté il désire avoir Hérodiade à côté de lui, comme reine.
L’évangile de ce matin nous raconte l’emprisonnement et la mort de Jean-Baptiste. La fille d’Hérodiade, sur la recommandation de sa mère dit : « Je veux que tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. » La tête de Jean-Baptiste, c’est la voix de celui qui crie dans le désert ; la tête de Jean-Baptiste, c’est la tête de celui qui annonce le messie. Qui est-ce qui peut couper cette tête ? Qui est-ce qui peut faire taire cette voix ? L’évangile nous suggère une réponse. Celui qui peut couper la tête de Jean-Baptiste, c’est celui qui est prisonnier de l’avis d’un autre, celui qui se laisse séduire, celui qui promet, dans la légèreté d’un moment d’ivresse, un don dont il est incapable de mesurer les conséquences.
La mission de Jean Baptiste était de préparer les chemins du Seigneur. Il invitait le monde à se convertir, il proposait un idéal de justice et de rectitude morale. Il n’a pas eu peur d’affronter un puissant de ce monde pour lui dire qu’il n’a pas le droit de prendre la femme de son frère. Il a proclamé la vérité, ce qui lui a coûté la vie.
Il y a quelque chose qu’il faut noter attentivement. Saint Marc situe ce passage de l’Évangile entre l’envoi des douze en mission et leur retour de cette même mission. Autrement dit, il a placé au cœur de la mission des Apôtres le martyr de Jean-Baptiste. En le faisant, il évoque le risque que prendront les serviteurs de l’évangile, et ce, jusqu’à la fin des temps.
Ils sont nombreux aujourd’hui ceux et celles qui sont persécutés parce qu’ils témoignent des valeurs de l’Évangile. Nous pensons aussi à tous ceux et celles qui sont mis en prison pour avoir dénoncé le mal sous une forme ou sous une autre. Faisons nôtres les mots de la prière sur les offrandes : « Seigneur, accorde-nous cette droiture de vie que Jean-Baptiste a prêchée à travers le désert, et dont il a témoigné jusqu’au martyre. »
