Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 28 novembre 2025 – Luc 21, 29-33
En lisant cet évangile, je me suis demandé en premier si saint Luc voulait nous préparer à la fin des petits mondes dans lesquels on est bien installé. On vit comme si rien n’allait changer, comme si tout était définitif. Pourtant, il faut tellement peu de choses pour que tout bascule dans notre vie : la mort de quelqu’un qu’on aime, la perte de notre travail, un accident, une maladie grave, un échec. On n’est jamais sûr du lendemain.
Mais, dans l’Évangile aujourd’hui Jésus nous dit « sachez que le Royaume de Dieu est proche ». De fait, la première lecture nous rappelait de l’action de Satan est limitée et promise à l’échec final, qu’il faut donc se garder dans l’attente, dans la vigilance en attendant le retour du Christ.
Même chose dans l’évangile, l’appel du Seigneur à la vigilance est très sérieux. « Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas ».
Mais être vigilant, ça ne veut pas dire attendre en se croisant les bras, ça ne veut pas dire se résigner, et même sombrer dans le pessimisme.
C’est tout le contraire, Jésus nous invite à une attente optimiste. « Voyez le figuier et tous les arbres. Regardez-les : dès qu’ils bourgeonnent, vous savez que l’été est tout proche. »
Il prononce ces paroles alors qu’il est à quelques jours de sa passion. Autrement dit, il annonce l’été de la résurrection pour lui et pour le monde.
C’est une telle belle image celle du figuier. On dit que ça lui prend beaucoup de temps à sortir de l’hiver, même qu’on peut finir à penser qu’il est mort. Et puis, à un moment donné, ça va tellement vite qu’on a l’impression qu’il saute le printemps pour arriver à l’été. Et quand il fleurit, son fruit se mange en entier. Pas de noyau, rien ne se perd.
C’est une très belle image ! Rien ne se perd.
De tout notre cœur, préparons ce Royaume d’amour, de justice et de paix où Dieu veut rassembler tous les hommes dans une réconciliation universelle.
Ce serait un beau cadeau de Noël de dévoiler l’espérance qui nous fait vivre.
L’Eucharistie que nous vivons
préfigure et l’annonce déjà ce royaume d’amour,
de justice et de paix.
