Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 28 novembre 2022 – Matthieu 8, 5-11
Dans la première lecture, le prophète Isaïe nous place devant une intervention de Dieu à la fin de l’histoire. Et il nous annonce une grande nouvelle de la part du Seigneur : il fera grandir un Germe qui changera complètement le monde.
C’est curieux comment l’intervention de Dieu à la fin de l’histoire ressemble à l’intervention de Dieu au début de l’histoire.
Au début de l’histoire, dans le livre de la Genèse, on peut lire : « Le Seigneur lui-même marchait à leur tête : le jour dans une colonne de nuée pour leur ouvrir la route, la nuit une colonne de feu pour les éclairer ; ainsi pouvaient-ils marcher jour et nuit. Le, jour la colonne de nuée ne quittait pas la tête du peuple ; ni, la nuit, la colonne de feu. » (Exode 13,21-22)
À la fin de l’histoire, le prophète dit : « Le Seigneur créera une nuée pendant le jour et, pendant la nuit, une fumée avec un feu de flammes éclatantes. » Ce que le prophète cherche à nous dire, c’est que Dieu, tout au long de l’histoire, a toujours voulu rassembler les croyants sous sa protection, c’est que Dieu a toujours voulu garder les yeux fixés sur nous. « La gloire du Seigneur sera … un refuge, un abri contre l’orage et la pluie. »
Le Seigneur s’est toujours préoccupé des hommes; aujourd’hui, il se préoccupe de nous. Ça vient raviver notre espérance.
Bien sûr, tout n’est pas parfait dans ce monde, nous continuons de traverser des jours pénibles.
Nous connaissons toujours la pandémie, des catastrophes comme les ouragans cet été, la guerre en Ukraine, les envois de missiles en Corée du Nord.
Mais, dans la foi, nous avons le droit et même le devoir de regarder l’avenir avec espérance. La gloire du Seigneur nous enveloppe déjà à chaque instant de nos vies. RÉJOUISSONS-NOUS .
Et puis l’évangile nous a rappelé un épisode connu; celui du centurion romain qui demande à Jésus la guérison de son serviteur.
Il n’est pas inutile de nous rappeler qu’à chaque eucharistie, avant de communier, nous reprenons une formule inspirée par une parole du centurion : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit… »
Avant même qu’il prononce ces mots, Jésus lui avait dit : « Je vais aller moi-même le guérir ». C’est une phrase à retenir!
À l’image de son Père qui nous protège en permanence, ce que nous disait la première lecture, le Christ est toujours aux aguets, prêt à franchir le premier pas vers celui ou celle qui a besoin de réconfort, de guérisons pour sa propre personne ou pour un être cher.
Remarquez bien que Jésus ne s’est pas informé sur la foi du malade, il ne s’est pas demandé s’il était juif ou païen.
Non, Jésus avait devant lui un centurion qui se révélait comme un maître aimant, rempli d’humilité, qui avait confiance en Lui : cela lui suffisait.
Ce récit, lui aussi, nous appelle à l’espérance.
Non seulement il nous appelle à prier les uns pour les autres, mais encore à croire fermement que Jésus répondra à nos prières.
