Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 28 mai 2020 – Actes des Apôtres 22,30; 23,6-11
« La nuit suivante, le Seigneur vient auprès de Paul et lui dit : « Courage ! Le témoignage que tu m’as rendu à Jérusalem, il faut que tu le rendes aussi à Rome ».
Paul se trouvait à Jérusalem, et les gens l’écoutaient. Mais, à un moment donné, ils ont changé de ton, ils élevèrent la voix : « Débarrassez la terre d’un tel individu ! Il ne faut pas qu’il vive ! » C’est alors que le commandant, voulant savoir pour quel motif on criait contre lui de cette manière, le fit arrêter afin de l’interroger. C’est le lendemain qu’il convoqua les grands prêtres et tout le Conseil Suprême et fit descendre Paul pour l’amener devant eux.
Paul était instruit, formé dès son jeune âge, à Jérusalem, par Gamaliel, un sage reconnu. Paul trouve une astuce pour se défaire d’un procès qui aurait pu tourner mal pour lui : « C’est à cause de notre espérance, la résurrection des morts, que je passe en jugement. » Paul sait que par cette affirmation, il sème la controverse. Parmi les membres du Grand Conseil, il y avait des sadducéens qui ne voulaient rien savoir de la résurrection et des pharisiens qui y croyaient. Ça a suscité un affrontement si violent « que le commandant craignit que Paul ne se fasse écharper. »
Avant de se convertir, Paul portait le nom de « Saul » qui signifie « demandé à Dieu », mais aujourd’hui, il s’appelle Paul et le Seigneur lui fait une demande, celui de faire un témoignage à Rome.
Pierre exprimait la même chose quand il disait : « Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous. » (1 Pierre 3,15) Le témoignage est fondé sur l’espérance que nous portons. E
Ainsi nous rejoignons Jésus dans l’évangile. Jésus ne priait pas seulement pour les disciples qui sont encore là « mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi », pour ceux et celles qui auront reçu leur témoignage, nous sommes de ceux-là aujourd’hui. Pour Paul comme pour tous les apôtres, c’est bien du côté de la résurrection que réside le témoignage chrétien. Rendre témoignage de la résurrection, c’est bien plus que rendre témoignage d’une autre vie qu’on accueillerait comme une récompense de tous les sacrifices faits, c’est témoigner d’une autre vie qui nous habite. Témoigner de la résurrection, c’est témoigner d’une force qui est en nous, qui nous habite, d’une force qui est porteuse de vie dès à présent.
Si saint Pierre, saint Paul, les Apôtres, et tous ceux qui les ont suivis ont pu témoigner de la résurrection, c’est qu’elle était déjà présente en eux. Ce qui était présent en eux, c’était un amour reçu du Père et transmis par Jésus à ses disciples. Les saints du Canada que nous avons fêté, Sainte Marie de l’Incarnation, Bienheureuse Maire Léonie Paradis, Bienheureuse Catherine de Saint-Augustin et Saint François de Laval, ont témoigné de cet amour, de la vie du ressuscité qui était déjà vivante en eux.
Vraiment, à l’approche de la Pentecôte, chantons en chœur et en cœur :
« Viens, Esprit-Saint, viens dans nos cœurs… »
