Mgr J-C. Dufour-28 juin 2019-Sacré-Cœur de Jésus-Luc 15, 3-7

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 28 Juin 2019 ( Luc 15, 3-7 )

SACRÉ-COEUR DE JÉSUS, première fête de la communauté

Les textes en caractères gras sont cités à partir de vos Constitutions

 

L’être humain a besoin d’appartenir à une famille, une communauté, un groupe culturel, une équipe sportive.
C’est une de ses grandes préoccupations. C’est tellement vrai qu’un enfant ne peut pas vivre s’il n’est pas touché, entouré d’autres humains. Ce besoin en est un que Dieu a mis dans notre cœur et qu’il veut combler. La fête d’aujourd’hui, celle du Sacré-Cœur de Jésus, vient nous révéler que Dieu vient combler d’une manière qui nous dépasse ce besoin profond qui nous habite.

 

Ainsi, un jour, vous avez décidé d’appartenir à la communauté des Servantes de Jésus-Marie qui considère la fête d’aujourd’hui comme la première fête de la communauté parce qu’elle est au cœur de ce que vous désirez vivre et de votre mission.
Cette fête nous rappelle que « Le Christ ressuscité et toujours vivant continue de déverser sur nous les richesses de son amour », qu’il « vous offre en son Cœur, le symbole de la plus ardente charité », vous situant ainsi au cœur de votre vie communautaire.

 

Les lectures que nous avons entendues sont traversées par l’image du berger qui déverse son amour sur nous.
Dans la première lecture, le Seigneur promet de veiller sur son peuple comme un berger attentif sur son troupeau.
Le psalmiste chante sa joie d’avoir le Seigneur comme berger.
Saint Paul proclame sa fierté d’appartenir à l’humanité réconciliée avec Dieu.
Et dans l’évangile, cette humanité Jésus la compare à la brebis perdue que le berger prend sur ses épaules, tout joyeux, rassemblant ses amis et ses voisins pour se réjouir avec lui.

 

Jésus est venu dans le monde pour nous révéler son amour comme personne. Il se compare à un berger, un travailleur modeste qui a parcouru de longues distances pour se mettre au service du troupeau et nous faire revenir à lui. Il a donné sa vie pour ses brebis, parce que son Père veut que ses agneaux soient en sécurité, qu’ils prospèrent, qu’ils se développent et soient forts. Il n’y a rien qui rend le berger plus heureux que de donner sa vie pour faire vivre ses brebis.

 

C’est ce berger que nous fêtons ce matin et son amour pour nous.
Il a voulu descendre dans notre « désert » pour nous sauver. Il nous a aimés d’un amour qui vient de son cœur divin incarné dans un cœur humain comme le nôtre. Il n’a pas voulu vivre dans le luxe, se contentant de vivre comme l’un de nous.
On peut donc dire que la fête du Sacré-Cœur, c’est la fête d’un cœur divin qui est devenu un cœur humain pour être proche de nous.

 

La dévotion au cœur de Jésus est une dévotion d’amour.
Dans le cœur de Jésus, nous voyons un cœur qui a tant aimé le monde et malheureusement un cœur qui reçoit tellement peu d’amour en retour. Nous sommes attristés par le peu de réponses qu’il reçoit en échange de son amour sans condition. C’est pourquoi nous désirons nous donner à lui de plus en plus et agir comme lui, c’est-à-dire à prendre sur nos épaules, comme lui, les brebis égarées pour les ramener au Père.

 

On peut affirmer que la fête du Sacré-Cœur de Jésus est une fête de réconciliation.
Nous célébrons le désir de Dieu de renouer des liens avec l’être humain, de tout faire pour que les êtres humains soient unis entre eux par l’amour de Dieu qui les rassemble.
Dans cet esprit, nous pouvons sûrement demander au Seigneur de faire de nous des ambassadeurs, des ambassadrices de sa grâce et de sa miséricorde pour que d’autres en viennent à connaître son amour en voyant ce même amour se refléter en nous.

 

La fête du Sacré-Cœur de Jésus, la première fête de la communauté.
« La dévotion au Sacré-Cœur… anime toute la vie des Servantes de Jésus-Marie. » « Par une vie commune intense, elles tendent à réaliser l’ardent désir du Cœur de Jésus « QUE TOUS SOIENT UN ». « Dans une communion fraternelle authentique, elles se revêtent de sentiments de tendre compassion, de bienveillance, d’humilité, de douceur, de patience, appliquées à «conserver l’unité de l’esprit par le lien de la paix». Ainsi le monastère est un véritable foyer où les sœurs goûtent « combien il est bon et doux de vivre ensemble ». (Ps 132)

 

Je termine avec ces mots de la préface :
« il fit naître les sacrements de l’Église, (celui de l’Eucharistie), pour que tous les hommes attirés vers son cœur, viennent puiser la joie aux sources vives du salut. »