Mgr J-C Dufour-28 décembre 2018-Les Saints Innocents-Matthieu2-13-18

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 28 Décembre 2018 – Les Saints Innocents

Matthieu 2, 13-18 )

 

Dans ces jours qui suivent la fête de Noël, nous sommes toujours devant la crèche et la croix.
À Noël, nous avons célébré l’étoile de Bethléem qui brille dans la nuit. Dès le lendemain, nous avons déposé les ornements blancs pour revêtir le rouge, couleur du sang de saint Étienne, premier martyr à suivre Jésus dans la mort.
Et en ce quatrième jour après Noël, c’est le violet du deuil qui prend toute la place pour les saints Innocents. Vraiment, on ne peut pas affirmer encore que le ciel et la terre sont réunis.

 

Jésus est à peine né que, déjà, il est traqué. Il est de trop !
Le roi Hérode qui ne supporte pas de voir son pouvoir menacé manifeste sa colère qui retombe sur sa population, et surtout sur les plus faibles de tous, des enfants innocents de moins de deux ans. Jésus échappe de justesse à un des génocides les plus retentissants de l’histoire. Sa naissance qui devait être une joie pour tous se transforme en cauchemar, ce qui est malheureusement vrai pour bien des personnes encore traquées dans notre pauvre monde.

 

Cette scène, comme bien d’autres, nous remet devant des comportements humains qui blessent et font mal tout en nous invitant à réfléchir sur nos propres comportements.
Ce n’est pas humain de s’engouffrer dans la violence au nom du pouvoir.
Ce n’est pas humain de se haïr, de se détester, de vivre sans se faire confiance.
Mais ça existe et ça nous fait souffrir comme ça fait souffrir les autres.

 

Jésus est là parce que Dieu n’a pas voulu nous laisser à demi morts sur la route comme dans l’histoire du bon Samaritain.
Comme je le disais le jour de Noël, il est né parmi nous pour nous appeler à renaître. Il s’est fait l’un de nous pour nous aider à devenir comme lui, pour devenir des disciples à l’image de saint Étienne que nous avons fêté mercredi.

 

Alors qu’il était parmi nous, il a passé sa vie à soigner les plaies, les grandes comme les petites, les nôtres comme celles de l’humanité.
Il est venu nous offrir une autre manière de vivre à l’image des comportements de Dieu.
Il nous invite à vivre en humain, en pleinement humain comme lui.
Il nous invite à nous faire confiance parce que c’est le seul moyen de briser la peur.
« Un enfant nous est né. Voici des jours de justice et de paix. » Vraiment, l’évangile ne fait que commencer.
Notre foi nous dit que nous pouvons vivre à la manière de Jésus si nous devenons semblables à Celui qui s’est fait l’un de nous, que nous pouvons vivre une belle vie entre nous, et avec les autres.

 

Dans une homélie de Noël, saint Léon le Grand écrivait :
« Réveille-toi, ô homme, et reconnais la dignité de ta nature ! Rappelle-toi que tu as été créé à l’image de Dieu. Si, en Adam, elle a été dégradée, dans le Christ elle a été restaurée… Il a réalisé en lui les débuts d’une création nouvelle… où l’injustice fait place à l’innocence, la vieillerie retrouve la nouveauté. Les étrangers reçoivent l’adoption et les gens de l’extérieur sont admis à l’héritage. »

 

C’est pour toutes ces raisons que nous sommes rassemblés pour célébrer l’Eucharistie, pour demander au Christ d’éliminer les ténèbres de nos vies, pour le prier de nous aider à avoir une vie comme la sienne et ainsi nous faire marcher dans la lumière du Christ.