Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 28 avril 2021 – Jean12- 44, 50
« Moi, je suis la lumière, je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres ».
Commentant ces mots que vient de nous dire Jésus, le pape Benoît XVI disait un jour : « Chers amis, l’Église présente le mystère de la lumière avec un symbole tout à fait particulier et très humble : le cierge pascal. Ce cierge illumine en se consumant lui-même. Il vit en vertu de son sacrifice. Il donne la lumière en se donnant lui-même. Ainsi il représente d’une façon merveilleuse le mystère pascal du Christ qui se donne lui-même et ainsi donne la grande lumière. »
C’est vrai, il faut le reconnaître, Jésus a toujours vécu pauvre, dépouillé de tout désir, de toute volonté propre, de tout amour-propre. Il vit sans tenir compte de sa personne, sans vaine complaisance, sans vaine gloire, disent les Pères du désert, sans amour de soi, disait saint Augustin, encore sans amour propre, pour utiliser le langage d’aujourd’hui.
Saint Jean nous apprend que Jésus appartient au Père et que sa vie est celle de son Père. Il n’est que don total et refuse d’être autre chose que don sans limites à son Père. Jésus vit les yeux tournés vers les autres, vers son Père. « Car ce n’est pas de ma propre initiative que j’ai parlé : le Père lui-même, qui m’a envoyé, m’a donné son commandement sur ce que je dois dire et déclarer. »
Dans ces mots de saint Jean, on retrouve votre formule des vœux et de l’oblation. Je cite :
« Comme le cierge se consume entièrement devant le Saint-Sacrement, que ma vie, par l’oblation totale que j’en fais à Jésus par Marie, soit consacrée au service et à la gloire de l’adorable Eucharistie et du divin Sacerdoce ».
Comme Jésus, vous désirez être tournés vers les autres et vers le Père.
En second lieu, nous pouvons réfléchir sur le fait que la lumière du cierge est feu et chaleur. Le feu a un pouvoir de transformation, pour le métal par exemple. Ainsi il en est du Christ, un feu qui purifie et brûle le mal. Et puis, le feu est lumière et donne encore de la chaleur. Il traduit la chaleur et la bonté de Dieu.
Depuis Pâques, le cierge pascal est toujours en évidence et le sera jusqu’au jour de la Pentecôte. Il nous rappelle cette parole de Jésus dans l’évangile :
« Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres ».
Puisse le Christ demeurer toujours notre véritable lumière sur le chemin de notre vie.
Puisse le Christ venir nous éclairer quand nous nous sentons dans la nuit, puisse-t-il mettre de la transparence là où nous mettons de l’obscurité.
Puisse-il être notre véritable chaleur où il fait bon se réchauffer quand nous avons trop froid intérieurement.
Alors la joie pascale nous inondera et, dans la foi, nous participerons au bonheur de Dieu.
