Mgr J-C. Dufour-28 avril 2019-2e Dimanche de Pâques «C»-Jean 20, 19-31

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 28 Avril 2019 – 2e Dimanche de Pâques «C»  ( Jean 20, 19-31 )

Liturgie des Heures : 2e Semaine

 

Pauvre Thomas !
Le plus croyant des Apôtres qu’on traite d’incrédule parce qu’il a refusé de croire à moins de voir, toucher, expérimenter. C’est vrai que Jésus lui-même lui dit : « Thomas, cesse d’être incrédule, sois croyant. »

 

Pauvre Thomas !
C’est toujours lui qu’on pointe du doigt ! Pourtant, pouvons-nous affirmer que les autres apôtres étaient plus croyants que lui ?

•    Quand Jésus marche sur les eaux et que Pierre veut aller à sa rencontre, Jésus le saisit par la main au moment où il s’enfonce et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » (Mt 14,30)

•    À un moment donné, les apôtres s’inquiètent parce qu’ils ont oublié de prendre du pain avec eux. Jésus leur dit encore « Gens de peu de foi, pourquoi cette réflexion sur le fait que vous n’avez pas de pain ? » (Mt 16,8)

•    Quand ils sont dans la barque ballottée par une tempête que Jésus apaise, ils se demandent qui il est pour commander aux vents et aux flots qui lui obéissent. « Alors Jésus leur dit : « Où est votre foi ? » (Luc 8,25)

•    Ce manque de foi, ils l’ont toujours même après la résurrection de Jésus. On le voyait dans l’évangile d’hier. Marie-Madeleine va leur raconter qu’elle a vu le Seigneur, mais ils ne la croient pas. D’autres femmes vont leur annoncer le même message, ils les traitent de radoteuses. Quand les disciples d’Emmaüs reviennent à Jérusalem pour leur annoncer qu’ils avaient vu le Seigneur, ils ne les croient pas. Aussi, lorsque Jésus se montre à eux alors qu’ils sont en train de prendre leur repas, il leur reproche de ne pas avoir cru ceux qui l’avaient vu.

 

Pauvre Thomas !
C’est lui qu’on pointe du doigt alors qu’il n’est pas pire que les autres, aussi incrédules que lui.
Est-ce qu’on peut leur reprocher leur manque de foi ?

 

La réaction de Thomas et celle des apôtres nous permet de réfléchir un peu sur notre foi.
Si les apôtres avaient voulu nous faire croire à une belle histoire, il me semble qu’ils nous auraient caché leurs doutes, leurs hésitations, leur incrédulité, qu’ils auraient pris soin de se donner un beau rôle pour rendre leur histoire plus crédible.
Aussi, je me dis que nous avons raison de nous appuyer sur le témoignage de ces femmes et de ces hommes qui ont vu le ressuscité.

 

En commençant mon homélie, j’ai dit que Thomas était le plus croyant des apôtres. Voici pourquoi !
Quand Jésus avait questionné ses disciples pour voir ce qu’on disait du Fils de l’homme, ils répondirent que pour les uns, c’était Jean-Baptiste, que, pour d’autres, c’était Élie, et pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes.
Quand il leur a demandé à eux ce qu’ils pensaient, Pierre a pris la parole pour dire : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »
Quand Jésus s’en va à Béthanie après la mort de Lazare, il a une petite conversation avec Marthe qui finit par lui dire : .« Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois, tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde »
Mais personne n’a osé aller aussi loin que Thomas qui s’écrie en voyant les plaies de Jésus : « Mon Seigneur et mon Dieu. »

 

Déjà, dans l’Ancien Testament, le nom de « Seigneur » était surtout réservé à Dieu, mais Thomas va encore plus loin en disant : « Mon Seigneur et mon Dieu. » Il ose donner à Jésus, cet homme qu’il côtoie depuis trois ans le nom de « Dieu », ce qui est absolument impensable pour un Juif.

 

Tellement grande la profession de foi de Thomas qu’on la reprend fréquemment à la fin de nos prières quand nous disons « Par Jésus Christ, ton Fils, NOTRE SEIGNEUR RT NOTRE DIEU. »
« Notre Seigneur et notre Dieu »,  nous reprenons nous-mêmes la belle profession de foi de celui que nous qualifions d’incrédule.

En ce moment, le Seigneur est avec nous comme il était avec ses amis le soir de Pâques.
N’hésitons pas, comme Thomas, à proclamer le mystère de notre foi.
Bénissons le Seigneur pour cette Eucharistie, source inépuisable de vie, de paix et de joie, source où le Ressuscité nous donne son Esprit pour que nous vivions en enfants de Dieu et que nous portions aux autres, son message d’amour et de paix.