Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 27 novembre 2020 – Luc21, 29-33
En lisant les lectures d’aujourd’hui, je me suis demandé : est-ce que saint Luc voulait nous préparer à la fin du monde ou à la fin des petits mondes dans lesquels on est installé. On vit comme si rien n’allait changer, on vit comme si tout était définitif. Il faut tellement peu de choses pour que tout bascule dans notre vie : la mort de quelqu’un qu’on aime, la perte de notre travail, un accident, une maladie grave, un échec. On n’est jamais sûr du lendemain. La lecture de l’Apocalypse nous rappelle que l’action de Satan est limitée et promise à l’échec final, qu’il faut donc se garder dans l’attente, dans la vigilance en attendant le retour du Christ. Même chose dans l’évangile, l’appel du Seigneur à la vigilance est très sérieux.
Mais être vigilant, ça ne veut pas dire attendre en se croisant les bras, ça ne veut pas dire se résigner, et même sombrer dans le pessimisme. C’est tout le contraire, Jésus nous invite à une attente optimiste. « Voyez le figuier et tous les arbres. Regardez-les : dès qu’ils bourgeonnent, vous savez que l’été est tout proche. » Il prononce ces paroles alors qu’il est à quelques jours de sa passion. « Sachez que le Royaume de Dieu est tout proche ». Autrement dit il annonce l’été de la résurrection pour lui et pour le monde.
C’est une telle belle image celle du figuier. On dit que ça lui prend beaucoup de temps à sortir de l’hiver, même qu’on peut finir à penser qu’il est mort. Et puis, à un moment donné, ça va tellement vite qu’on a l’impression qu’il saute le printemps pour arriver à l’été. Et quand il fleurit, son fruit se mange en entier. Pas de noyau, rien ne se perd. C’est une très belle image ! Rien ne se perd.
Il y a un proverbe africain qui dit : « un arbre qui tombe fait plus de bruit que toute la forêt qui pousse ». Le message de l’évangile qui nous invite à la vigilance, à rester bien éveillés ressemble à cette forêt qui pousse ; il ne fait pas de bruit, il ne fait pas les médias, mais les bourgeons qui annoncent l’été sont bien là.
De tout notre cœur, préparons ce Royaume d’amour, de justice et de paix où Dieu veut rassembler tous les hommes dans une réconciliation universelle. Ce serait un beau cadeau de Noël, surtout en ce temps de pandémie, de dévoiler l’espérance qui nous fait vivre. L’Eucharistie que nous vivons préfigure et l’annonce déjà ce royaume d’amour, de justice et de paix. Le refrain du psaume nous le faisait chanter : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes. » « Heureux les hommes dont tu es la force : ils vont de hauteur en hauteur. »
