Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 7 mars 2021 – Jean11, 45-57
Dans l’évangile que nous venons d’entendre, on peut dire que Jésus accomplit un miracle pour ses amis : en effet il redonne vie à Lazare chez qui il allait manger parfois. Tous ne sont pas très contents : les grands prêtres et les pharisiens trouvent que Jésus fait trop de bienfaits : « si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui. » Ils voient en Jésus un adversaire, quelqu’un qui va leur faire un dommage irréparable en leur faisant perdre toute leur autorité religieuse aux yeux des Romains. Aussi, à partir de ce moment-là, ils décident de tuer Jésus.
Quel paradoxe ! Jésus, le Fils de Dieu, accomplit des miracles, des guérisons ; il exprime toute la bienveillance divine, et pourtant les autorités veulent le faire mourir. C’est dire comment le cœur humain a besoin d’être purifié. C’est par sa passion et sa mort sur la croix que Jésus, le Fils de Dieu, purifiera l’humanité. Nous allons le souligner en abondance pendant la semaine sainte qui est à nos portes.
Les notables veulent la perte de Jésus, ils veulent sa mort. Mais ce qui devait avoir l’apparence d’un échec devient pour Dieu, le moyen de sauver l’humanité. Dieu transforme la haine en l’amour et l’échec apparent en réussite selon son plan. Jésus savait tout cela et il ne s’est pas arrêté à la menace des hommes, il ne s’est pas arrêté aux difficultés qu’ils savaient devoir affronter, mais il dit oui à la volonté du Père, et il va se rendre à cette fête de la Pâque.
C’est l’heure du grand mystère de foi nous ouvrant à la lumière. Oui, nous en avons l’assurance, ni la mort, ni la vie, ni le présent, ni l’avenir, rien ni personne ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus.
Parce que nos cœurs humains portaient en eux des blessures mortelles, Dieu lui-même, en la personne de son Fils est descendu aussi bas parce que nous avons du prix à ses yeux. Cette Eucharistie nous dit comment bas est descendu Jésus. Notre Eucharistie projette sur ce pain livré, sur ce sang versé nos regards de Pâques à la louange de sa gloire.
