Mgr J-C. Dufour-27 mai 2019-Marc 4, 26-29

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 27 Mai 2019

 ( Marc 4, 26-29 )

Temps des semailles

 

En ce mois de mai, nous saisissons l’opportunité de célébrer la messe pour le temps des semailles.

 

Autrefois, nos ancêtres dans la foi amenaient un petit sac de semences à l’église pour le faire bénir en demandant à Dieu d’éloigner les fléaux possibles, en l’implorant pour une température clémente, une pluie bienfaisante et un soleil radieux.
C’est vrai que le temps des semailles est une belle occasion de nous tourner vers Dieu, comme nous le faisons aujourd’hui. On sentait un climat de bonté et de sérénité dans la 1re lecture, un sentiment d’émerveillement dans le psaume, un cri de confiance dans la prière d’ouverture : « Apprends-nous à reconnaître en toi le maître de toutes les formes de vie et à recevoir de ta main ce que nous obtenons de nos travaux. » La préface, de son côté, nous conduit à l’admiration et à l’Action de grâce : « Tu as confié à l’homme ta création pour qu’en admirant ton œuvre, il ne cesse de te rendre grâce par le Christ. »

 

Ce matin, je veux vous amener un peu plus loin !
Dès le début de l’évangile, saint Marc écrit : « Jésus disait à la foule : «il en est du règne de Dieu comme un homme qui jette en terre la semence.» « Il en est du règne de Dieu ! »
Les merveilles de la création sont capables de nous entraîner beaucoup plus loin.

 

Si c’était nous, l’homme qui jette les semences du règne de Dieu.
On les connaît ces graines lumineuses du Royaume qu’on peut semer autour de nous : elles portent les noms de pardon, de patience, d’espérance, de foi, d’amour, de confiance, de joie, de Parole de Dieu.
On ne les a pas inventées ; on les reçoit ; elles viennent de quelqu’un qui est bien plus grand que nous, quelqu’un qui les a déposées en nous pour être semées.

 

Et si nous sommes les semeurs des graines lumineuses du Royaume, il faut faire confiance comme le semeur de la parabole. Il sait bien que la semence va germer et grandir ; « Nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. »

 

Une fois que les graines sont répandues, on peut dire qu’elles sont abandonnées entre des Mains plus grandes. C’est le temps de Dieu, le temps de sa présence discrète et efficace, le temps de son action. Le semeur se doit de patienter jusqu’à la moisson, le temps peut paraître bien long parfois. Apprenons à abandonner entre les mains de Dieu tout ce que nous semons ; les semences pourront grandir et fructifier parce que Dieu continue d’agir dans notre monde.

 

Et si, au lieu d’être le semeur, nous étions la terre. On sait bien que la semence ne peut pas germer et grandir que dans une terre ouverte et accueillante, une terre qui permettra à la semence d’accueillir l’eau du ciel qui va l’aider à grandir.

 

Il en est ainsi des graines lumineuses du Royaume en nous.
On ne peut ni les étouffer ni les retenir.
On se doit de les accueillir, de leur laisser de la place, de laisser le Seigneur agir sur elles, de laisser l’Esprit de Dieu les transformer.
Si nous ouvrons notre terre aux graines lumineuses qui sont semées en nous, le Seigneur les fera toutes grandir en nous.