Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 27 juin 2025 — Sacré-Cœur de Jésus – Luc 15, 3-7
« Les pensées de son Cœur subsistent d’âge en âge. »
J’aime beaucoup ces mots de l’antienne d’ouverture. Ce sont justement ces pensées du cœur de Jésus que nous voulons rafraîchir dans la mémoire de notre cœur, des pensées qui sont synonymes d’amour, d’accueil, de tendresse et de miséricorde. C’est présent dans toutes les lectures et dans le psaume.
Dans la première lecture, Ézéchiel parle dans un temps de détresse, celui de l’exil à Babylone au 6e siècle avant notre ère. Il compare les déportés de son peuple à un troupeau dispersé dans le brouillard de l’obscurité. Et, il représente Dieu comme un berger attentionné qui va partir à la recherche de toutes ses brebis jusqu’à ce qu’il les trouve.
Il traduit d’une manière incomparable ce qu’il y a dans le cœur de notre Dieu :
« La brebis perdue, je la chercherai, l’égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la soignerai. Celle qui est faible, je lui rendrai des forces. » Je suis comme « le berger qui veille sur les brebis de son troupeau. ».
Qui, mieux que Jésus, a su mettre en œuvre ces mots du prophète Ézéchiel?
Déjà Dieu, en Jésus, apparaît comme le bon berger qui part à la recherche de la brebis perdue en s’incarnant dans le monde, en prenant notre chair, en nous prenant sur ses épaules pour nous ramener à la bergerie.
Dans l’Évangile, Jésus nous parle d’un berger qui a cent brebis et qui en perd une. Il laisse les 99 autres et se met à la recherche de la brebis perdue. Ainsi en est-il de Dieu.
Que ce soit une sur cent, ça ne change rien dans le cœur de Dieu. Une seule qui manque, c’est déjà trop dans le cœur de Dieu, impensable dans un Royaume d’amour. Aussi, Jésus a cherché la brebis perdue, ramené la brebis égarée.
On pourrait bien être tenté de trop spiritualiser le cœur de Jésus.
Mais le cœur de Jésus, c’était un cœur d’homme, un cœur semblable au nôtre. Saint Augustin dira : « Le Seigneur Jésus a pris ces affections de la nature humaine fragile, … poussé par une volonté de miséricorde pour transfigurer en lui-même son corps, qui est l’Église. »
« Les pensées de son Cœur subsistent d’âge en âge. »
Les pensées de son cœur sont amour, accueil, tendresse et miséricorde. La miséricorde de Dieu n’est pas une réalité abstraite, mais une réalité concrète à travers laquelle il révèle son amour comme celui d’un père qui se laisse émouvoir au plus profond du cœur par ses enfants. C’est dans le cœur de Jésus qu’on peut puiser cet amour, et non seulement le puiser mais en vivre au jour le jour.
La fête du Sacré-Cœur est la première fête de la communauté. Elle vient vous rejoindre dans vos racines les plus profondes.
« La dévotion au Sacré-Cœur, dans son rayonnement eucharistique, anime toute la vie des Servantes de Jésus-Marie. Jésus, venu apporter le feu sur la terre, nous offre en son Cœur le symbole de la plus ardente charité. De l’Ostensoir comme sur la croix, il attire tout à Lui. Car le Christ ressuscité et toujours vivant continue à déverser les richesses de son amour par l’Eucharistie et le Sacerdoce. »[1]
Saint Paul nous disait dans la 2e lecture :
« L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs
par l’Esprit Saint qui nous a été donné. »
Pendant notre célébration, rendons grâce au Seigneur pour tous les gestes d’amour et de charité vécus en communauté. C’est tellement grand que saint Augustin disait :
« Quand tu vois la charité, tu vois la Trinité »
[1] Constitution et norms, devotions fondamentales.
