Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 27 juin 2022 – Matthieu 8, 18-22
« Le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »
On a entendu cette petite phrase pas plus tard qu’hier et on l’entend à nouveau ce matin.
Je reçois cette petite phrase comme une invitation à la méditer un peu.
Saint Paul abondait dans le même sens en disant aux Corinthiens : « Vous connaissez en effet le don généreux de notre Seigneur Jésus Christ : lui qui est riche, il s’est fait pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté » (2 Cor 8,9).
Jésus s’est fait pauvre. Il est né dans la pauvreté, il a vécu dans la pauvreté. « Une maison pauvre, un mobilier pauvre, c’est le logement que choisit le créateur du monde ». Adulte, il a gagné son pain à la sueur de son front, au prix de grandes fatigues sans doute, comme tous les artisans et les fils d’artisans. Les Juifs ne manquaient pas de le souligner en disant: « N’est-il pas le fils du charpentier? » (Mt 13,55)
À trente ans, il paraît en public pour prêcher l’évangile. Pendant trois ans, les trois dernières années de sa vie, Jésus pratique une pauvreté encore plus rigoureuse en ne vivant que d’aumônes.
Sa première béatitude d’ailleurs, source des autres, sera : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. »
À un homme qui s’approche et qui lui déclare vouloir le suivre partout, Jésus répond : « les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids, mais le fils de l’homme n’a pas où reposer la tête. »
Si tu penses, lui dit-il, qu’en te mettant à ma suite tu vas vivre plus aisément, tu te trompes parce que je suis venu sur terre pour enseigner la pauvreté. C’est pour ça que je me suis fait plus pauvre que les renards et les oiseaux; je n’ai pas le moindre petit coin de terre qui m’appartienne et où je pourrais me reposer, et je veux que mes disciples me ressemblent…
Non seulement que Jésus a vécu en pauvre, mais il est aussi mort en pauvre. Il a fallu que Joseph d’Arimathie lui donne un tombeau et un linceul pour envelopper son corps.
Saint Jérôme affirmait qu’un serviteur de Jésus Christ ne possède rien en dehors de Jésus et qu’il ne désire même pas posséder quelque chose en dehors de Jésus.
Un père et docteur de l’Église, saint Jean Chrysostome, écrivait: «Si vous ne croyez point que la pauvreté produise la richesse, pensez à votre Maître, et vous n’aurez plus de doute. Car s’il n’était pas devenu pauvre, vous ne seriez pas devenu riche. »
Cet évangile vient à nouveau vous rejoindre particulièrement aujourd’hui, vous qui avez fait le vœu de ressembler à Jésus en faisant le vœu de pauvreté. Dans vos constitutions, il y a un chapitre sur la pauvreté consacrée.
Je termine avec un petit paragraphe qui vient rejoindre l’affirmation de saint Jérôme et l’évangile de ce matin :
« Appelée par sa vocation d’adoratrice à vivre dans l’intimité de Jésus-Hostie, son souverain Bien, la Servante de Jésus-Marie choisit de le suivre dans la voie de la pauvreté évangélique, mettant en Lui seul son espérance. Là où est son trésor, là aussi est son cœur. »[1]
[1] Constitution et Normes, Pauvreté consacré, # 25
