Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 27 juin 2021 – 13e dimanche ordinaire – Marc 5, 21-43
Il y a plusieurs personnes dans l’évangile ! À qui vous identifiez-vous le plus ? ?
À quelqu’un dans la foule qui suit Jésus ?
Ce sont des gens intéressés à suivre Jésus. Ils ne savent pas pourquoi, mais ils ont soif de quelque chose ; ils aiment entendre Jésus parler. Dans leur cœur, ils ressentent comme un besoin d’être avec Jésus. Ça leur fait du bien ?
Vous sentez-vous comme une des personnes de la foule ?
Si vous vous identifiez à quelqu’un dans la foule qui suit Jésus, vous allez éprouver une grande joie et une déception : la joie d’être proche de Jésus, de l’entendre, de le connaître mieux ; et la déception de constater que Jésus ne fera rien pour nous, parce qu’on n’a rien à lui demander.
Peut-être que vous choisiriez plutôt d’être un des amis de Jaïre.
Ce sont ceux qui arrivent en disant : « C’est trop tard, c’est fini. Ta fille est morte. » Ils ont démissionné. Ils n’attendent plus rien de Jésus.
Si vous vous identifiez à un des amis de Jaïre,
vous ne resterez pas longtemps sur la scène. Le découragement qui vous habite est trop fort.
Ce n’est peut-être pas notre faute ! Mais vous auriez besoin de quelqu’un qui vous annonce Pâques, la victoire de Jésus sur la mort. Alors, nous saurions qu’à cause de lui, c’est la vie qui triomphe de la mort. Je ne suis pas sûr qu’il y en a quelqu’un parmi vous qui s’identifie à un ami de Zaïre.
Heureusement, il y a les disciples de Jésus.
À première vue, ça paraît bien plus intéressant ! Ça fait des années qu’ils suivent Jésus, qu’ils partagent son intimité. Mais on dirait qu’ils en ont trop vu, ils sont trop habitués, il n’y a plus rien qui les étonne ! Et quand Jésus demande « Qui m’a touché », ils ne comprennent pas parce que tout le monde est pareil, tout le monde se ressemble. Mais pas pour Jésus pourtant qui cherche le geste personnel, volontaire, conscient.
Il y a Jaïre, le père qui aime son enfant,
qui la voit se perdre malgré son amour, le père qui touche le fond de son impuissance, qui ne peut plus rien faire pour la personne qu’il aime le plus au monde. Tout ce qui lui reste, c’est de venir supplier Jésus.
Heureux sommes-nous si nous ressemblons à Jaïre! Lui, il pense seulement à sa fille !
Jésus, au contraire, pense à ce père éprouvé. Il prend le temps, un temps précieux, pour donner de la vie à sa foi ; il le prépare pour qu’il soit capable de voir la victoire de la vie sur la mort. C’est définitivement un beau personnage.
Et il y en a d’autres !
Il y a la femme malade.
Celle qui est au bout de ses limites, qui a vu un tas de médecins, qui a dépensé son argent pour se faire guérir ; celle qui est considérée impure, qui demande qu’on la respecte, qu’on l’aime un peu ; celle qui pose un geste interdit par la loi, qui est prête à tout pour qu’au moins une fois, quelqu’un fasse quelque chose pour elle sans rien lui demander en retour.
Tant mieux si on se reconnaît dans la femme malade.
Cela veut dire qu’on reconnaît qu’on ne peut pas se sauver soi-même, que le Sauveur, c’est Jésus.
Cela veut dire qu’on est prêt à dépasser nos préjugés, nos peurs, pour nous mettre en contact avec celui que nous appelons le Sauveur.
Au fond, tous les personnages de l’Évangile ont reçu un trésor.
Les gens de la foule, les amis de Jaïre, les disciples sont spectateurs de la guérison. On sent qu’ils sont privés d’une partie du trésor, mais ils sont étonnés, heureux.
Jaïre, la femme malade, la petite fille ont reçu un trésor inestimable, beaucoup plus que ce qu’ils espéraient.
Apprenons à reconnaître, dans notre vie, les signes que Jésus y est passé et qu’à cause de lui, le Règne de Dieu est en train de faire son chemin.
