Mgr J-C. Dufour – 27 janvier 2023 – Marc 4,   26-34

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 27 janvier 2023 – Marc 4,   26-34

 

Dieu, notre Père, nous savons et nous proclamons que tu ne cesses d’agir. »
Cette belle prière que nous exprimons parfois dans une prière eucharistique est non seulement une belle proclamation de notre foi, mais elle rejoint très bien le message de l’évangile aujourd’hui.

Les prophètes d’autrefois annonçaient que le messie viendrait instaurer un monde nouveau.  Jésus arrive, annonce que le Règne de Dieu est tout proche, même qu’il est déjà arrivé, mais les gens de son temps n’y croient pas vraiment.

Plus tard, saint Marc écrit son Évangile pour de toutes petites communautés chrétiennes qui vivaient dans un monde païen indifférent, souvent hostile, parfois même persécuteur.  Ils avaient beau semer la Parole, ils réalisaient qu’elle tombait plus souvent au bord du chemin, bien plus sur le roc que sur la bonne terre.  Ça a dû les questionner un peu.

Ces mêmes questions, on se les pose encore aujourd’hui.  Est-ce que le règne de Dieu est en train de grandir ou de diminuer?
C’est justement là que les petites paraboles de Jésus viennent nous rejoindre. « Il en est du règne de Dieu comme d’un semeur qui jette le grain dans son champ : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. » 

On se prend toujours à rêver de la récolte alors que nous sommes toujours au temps de la semence.
Le semeur, c’est quelqu’un qui travaille fort : il doit labourer, enlever les roches, parcourir son terrain pour semer, arracher les mauvaises herbes.  Il aurait un tas de bonnes raisons de s’impatienter, de douter, de renoncer, de se décourager et même d’avoir peur.
Mais qu’il se tracasse ou non, la semence germe et grandit, il ne sait comment.

« Dieu notre Père, nous savons et nous proclamons que tu ne cesses d’agir. »
Nous sommes au cœur de la Bonne Nouvelle que nous sommes appelés à accueillir aujourd’hui.
Le Royaume de Dieu est comme une semence ; « Nuit et jour, que le semeur dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit. »
La Parole d’aujourd’hui nous invite à une patience confiante, parce qu’il y a 2000 ans le Bon Dieu a semé son propre Fils dans le champ du monde, parce qu’il continue toujours de faire grandir son Royaume, et que personne ne tient plus à son Royaume que lui.

Il y a 2000 ans, Jésus a demandé à ses disciples de le semer dans le monde. Il nous confie toujours la même mission.
Mais rappelons-nous que ce n’est pas le semeur qui met la vie dans la semence, que c’est Dieu et qu’il n’y en a pas d’autres.

Si nous sommes rassemblés en ce moment, c’est parce qu’un jour Dieu a planté une semence dans le jardin de notre vie.
Jésus nous disait tantôt : « la terre produit d’abord de l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi».
La semence grandit ! Elle a grandi en nous, elle a produit du fruit.
Pourquoi ne pas prendre un petit moment aujourd’hui pour cerner et repasser l’histoire des actions de Dieu dans notre vie, de prendre le temps de refaire le pèlerinage de notre foi depuis notre baptême.

Dans quelques instants, nous allons déposer sur l’autel du pain et du vin.
Ce sont des signes bien modestes, fruits de la terre, aussi modestes que la semence.
Ce pain et ce vin sont le fruit de notre travail !
Ils sont le symbole de nos vies ensemencées,
habitées par la présence discrète du Seigneur qui ne cesse de faire grandir sa semence en nous.
Et nous croyons que ce pain et ce vin deviendront
le corps et le sang du Christ.