Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 27 janvier 2021 – Marc4, 1-20
J’ai lu, qu’au temps de Jésus, en Palestine, quand un champ produisait du dix pour un, c’était déjà une très bonne récolte. Quand Jésus dit dans sa parabole que des grains peuvent produire jusqu’à du cent pour un, c’est perçu par les gens comme une vraie folie.
Il y a plusieurs leçons qu’on peut retenir de l’évangile aujourd’hui. La première : comprendre que ce qui est folie à nos yeux est souvent sagesse de Dieu. Par exemple, il nous faut apprendre la regarder notre monde autrement. Souvent, nous regardons notre monde avec des lunettes trop courtes. Il nous faut apprendre à le regarder comme Jésus avec un regard plein de sens et de promesses. Il nous faut apprendre à le regarder comme Jésus avec un regard d’émerveillement :
« Le Royaume de Dieu est au milieu de vous. »
Et j’ajouterais, pas seulement regarder le monde avec le regard de Jésus, un regard d’émerveillement, mais apprendre aussi à se regarder soi-même pour voir, comme Jésus le fait, que notre champ peut produire du cent pour un.
Deuxième leçon ! Jésus nous enseigne que ceux qui sont dehors ne comprendront jamais :
« Ils auront beau écouter de toutes leurs oreilles, ils ne comprendront pas. »
Mais, au contraire, la même parabole peut nous dire beaucoup, elle révélera le mystère à ceux qui se dispose à l’entendre. Qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire laisser la parabole pénétrer dans notre cœur et le transformer. Il y a ceux qui reçoivent la parole au bord du chemin, il y a ceux qui reçoivent la parole dans des endroits pierreux ; il y a ceux qui reçoivent la parole dans les ronces, mais chaque fois, ça ne va pas loin. Ceux qui se disposent à écouter la parole sont semblables à :
« ceux qui ont reçu la semence dans la bonne terre : ceux-là entendent la Parole, ils l’accueillent, et ils portent du fruit » jusqu’à cent pour un,
Troisième leçon. Il n’y a pas à dire le semeur sème largement, sur toutes sortes de terrains, mais il prend conscience d’un mystère :
« Le grain de blé tombé en terre, il pousse et de jour et de nuit, on ne sait comment. »
On peut comprendre qu’il n’y a pas de discrimination en Jésus : tous les terrains de notre être reçoivent la semence. C’est à nous d’y voir pour que notre terre porte beaucoup de fruits et que nous demeurions dans l’espérance.
Il y a une assistance sociale française, Madeleine Delbrel, qui s’est converti au Christianisme à l’âge de 20 ans qui a écrit :
« Une fois que nous avons connu la Parole de Dieu, la recevoir ; une fois que nous l’avons reçue, la laisser s’incarner en nous ;
une fois qu’elle s’est incarnée en nous, ne pas la garder pour nous. Dès lors, nous appartenons à ceux qui l’attendent. »
