Mgr J-C. Dufour-27 janvier 2019-3e Dimanche Ordinaire « C »-  Luc1, 1-4.14-21

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 27 Janvier 2019 – 3e Dimanche Ordinaire « C »  ( Luc 1, 1-4.14-21 )

Liturgie des Heures :  3e Semaine du temps Ordinaire

 

Jésus circule de village en village, il enseigne dans les synagogues, et vraiment, ça va bien, tout le monde fait son éloge.
Finalement, il arrive chez lui, à Nazareth. Tout le monde le connaît, c’est le fils de Marie et de Joseph, le charpentier. On connaît ses frères et ses sœurs. Ce jour-là, Jésus va dans son village pour annoncer ses couleurs, pour dire aux gens qui le connaissent qu’il n’est pas seulement un homme, mais qu’il est aussi le Fils de Dieu. Pas difficile d’imaginer que ce n’était pas une petite affaire.
Mettez-vous à la place de Jésus, juste une petite minute. Qu’est-ce que vous feriez à sa place ? Il me semble qu’il n’y a qu’une seule solution possible, faire appel à un témoin qui puisse plaider en sa faveur.

 

Aussi saint Luc vient de nous dire que Jésus ne s’en va pas en Galilée tout seul, mais qu’il y va «dans la puissance de l’Esprit», compagnon mystérieux, spirituel, invisible, qui est toujours là pour fortifier Jésus et l’aider dans sa mission.
De fait, si on y pense un peu, comment sa renommée pouvait-elle se répandre sans l’action de l’Esprit qui repose sur lui ?

 

Ce jour de sabbat, Jésus entre dans la synagogue de son village comme il en avait l’habitude. «On lui remet le livre du prophète Isaïe» ; il ouvre le livre et trouve le passage où le prophète parle de l’Esprit Saint qui repose sur l’envoyé de Dieu. «L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction»
Il n’y en a pas d’autres que l’Esprit saint qui pouvait témoigner de la divinité du Christ. Jésus l’avait dit un jour à ses Apôtres :
«Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière… Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.»  (Jn 16,13-14)

 

Quand on veut dire qui est Jésus, la plupart du temps, on choisit des textes bibliques qui nous parlent du Messie comme d’un personnage bien spécial, l’Agneau de Dieu, dira par exemple le prophète Jean-Baptiste. Ce n’est pas ce que fait le prophète Isaïe. Au lieu de nous dire qui est Jésus, il nous dit ce qu’il fait. L’Esprit Saint qui repose sur Jésus le fait agir, il lui fait poser des gestes en faveur des autres : les pauvres, les captifs, les aveugles, les opprimés. Jésus nous est présenté comme celui qui vient annoncer une Bonne Nouvelle en paroles et en gestes, comme quelqu’un qui se manifeste comme Sauveur. Une fois la lecture terminée, Jésus «se mit à leur dire  : «Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre.»  (Lc 4,21)

 

De fait, le programme de salut révélé par le prophète et qui s’accomplit en Jésus traverse l’évangile d’un bout à l’autre.
Marie l’avait déjà chanté dans son Magnificat : «Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.»  (Luc 1,53)
Le père de Jean-Baptiste, Zacharie, qui venait tout juste de retrouver la parole, chantait le salut qui nous arrache à l’ennemi, à la main de tous nos oppresseurs.
Et quand Jean-Baptiste envoie ses disciples demander à Jésus s’il est bien celui qui doit venir, Jésus ne lui répond pas en disant qui il est, mais, mais comme le prophète Isaïe, il parle de gestes libérateurs : «Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle.» (Mt 11,4-5)

 

L’Esprit qui est témoin de la divinité de Jésus est en même temps le moteur de sa mission. Plus tard, dans son livre des Actes des Apôtres, le même saint Luc nous dira que ce même Esprit sera le moteur de la mission de l’Église.

 

Jésus nous annonce la Bonne Nouvelle, pose des gestes qui révèlent le salut pour que l’Esprit de Dieu, l’Esprit d’amour qui repose sur lui vienne habiter nos cœurs, nous conduise à la vérité tout entière et nous donne de poser des gestes libérateurs.
L’Esprit Saint a reposé sur Marie qui est devenue la mère du Sauveur.
Demandons à Marie de nous aider à ouvrir sans cesse nos cœurs à la Parole de Dieu, à Celui qui la Parole de Dieu, le Verbe fait chair qui, sous les apparences d’un peu de pain, vient encore se donner à nous aujourd’hui.