Mgr J-C. Dufour – 27 décembre 2020 – Sainte Famille – Luc2, 22-40

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 27 décembre 2020 – Sainte Famille  – Luc2, 22-40

 

Ce qui me touche aujourd’hui, ce sont les personnes qui sont nommées : Abraham et Sarah, Marie et Joseph, Syméon et Anne. Elles ont toutes un dénominateur commun qu’on trouve au début de chaque paragraphe de la deuxième lecture par trois fois : « Grâce à la foi ».

 

Il ne s’agit pas d’une foi vague, mais d’une foi très concrète qui touche la vie de tous les jours. Abraham et Sarah sont vieux ! Impossible d’avoir des enfants. Mais un jour, Dieu s’engage avec lui en lui disant que Sara aura un fils et qu’il aura une descendance aussi nombreuse que les sables de la mer.   Désormais sa vie prend tout son sens dans cette promesse. Est-il trop crédule ? S’il croit à la réalisation de cette promesse, ce n’est pas à cause de la promesse elle-même, mais à cause de Celui qui lui a dit : « Ne crains pas, Abram ! Je suis un bouclier pour toi ». Il croit en Dieu qui s’est engagé envers Lui.

 

Même foi très concrète pour Marie et Joseph ! Avoir un enfant au cours d’un voyage difficile, ne pas trouver de place au village, être obligé de fuir en Égypte parce qu’Hérode a ordonné le massacre des enfants de moins de deux ans, ça n’a pas dû être facile. Mais ces événements, ils les vivaient dans la confiance en leur Dieu.

Toujours une foi concrète pour le vieillard Syméon. Le Seigneur s’était engagé envers lui en lui disant qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Messie de Dieu. On sent que toute sa vie reposait sur sa foi, sa confiance en Dieu. Et aujourd’hui, l’Évangile nous raconte que, parmi tous les gens qui sont là dans le Temple, Syméon, guidé par l’Esprit, est le seul à voir dans l’enfant le sauveur promis. Prenant l’enfant de Marie dans ses bras, il dit : « mes yeux ont vu ton salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à son peuple ».

 

Et puis, il y a la prophétesse Anne. Devenue veuve après 7 ans de mariage, elle ne s’éloigne pas du Temple, elle jeûne et prie. Sa vie est marquée par l’espérance du salut de Dieu qu’elle désire voir se réaliser. Aujourd’hui, l’Évangile nous dit qu’elle parlait de l’enfant à tous ceux et celles qui, comme elle, attendaient le salut de Dieu. Son rêve se réalise, elle proclame les louanges de Dieu.

 

Les textes d’aujourd’hui nous présentent des personnes qui ont trouvé un sens à leur vie, une profondeur de vie à cause de leur foi en Dieu. C’est bien clair ! Il me semble que tout ça, ça vient nous rejoindre aujourd’hui. Nous vivons dans un monde où ce n’est pas la confiance qui règne, où la foi est difficile surtout en ces temps de pandémie. Abraham et Sarah, Marie et Joseph, Syméon et Anne, nous invitent à réapprendre notre foi, une foi très concrète qui touche la vie de tous les jours, à devenir des croyants en la vie, en celle qui est la nôtre et qui jaillit de Dieu.

 

Nous avons besoin de méditer les expériences de vie d’Abraham et Sarah, de Marie et Joseph, de Syméon et Anne ; de réapprendre avec eux la confiance en Dieu, la foi en Dieu. Si on prend le temps de raffermir notre relation avec Dieu, notre contact avec le Père, notre vie de foi sera enrichie et nous serons plus disponibles, comme eux, pour accueillir l’action de Dieu dans nos vies.

 

Nous deviendrons sans doute plus confiants, plus croyants en la vie, celle qui est la nôtre et qui jaillit de Dieu, si on prend le temps d’accueillir l’enfant qui vient de naître, de lui faire une place dans notre vie. Soyons à l’écoute comme Syméon. Célébrons la grâce de Dieu comme Anne. Autant de façons de s’inscrire dans la lignée d’Abraham et de Sara.

 

Nous célébrons aujourd’hui la fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. Il s’agit d’une famille humaine toute simple, mais totalement conduite dans la foi. Ils sont unis aussi par un amour intense, fondé sur celui qu’ils reçoivent de Dieu. Ainsi en est-il de nos familles et de nos communautés, elles sont appelées à vivre d’un amour enraciné dans l’amour de Dieu. Bien vivre c’est vivre en aimant. Et cela ne sera possible que si nous puisons à la source de Celui qui est l’amour.