Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 27 décembre 2019 – Saint Jean – Jean 20,2-8
Nous fêtons, ce matin, le titulaire de votre chapelle, saint Jean. Ça veut dire qu’il lui a été confié une responsabilité particulière, celle de prendre soin de vous pour vous permettre d’écouter la Parole et pour prier, surtout en rendant grâce.
L’évangile vient de nous dire que Pierre courait avec l’autre disciple, nous ne savons pas son nom, parce que c’est Jean qui écrit, mais on dit que c’est celui que Jésus aimait. C’est comme ça qu’il se décrit dans l’évangile. C’est osé bien sûr, mais il le fait avec autant de bonheur que d’humilité. Il exprime ses sentiments, son affection. Son évangile et ses trois épîtres sont un véritable hymne à l’amour. Est-ce pour cette raison que Jésus confia sa mère à Jean ? Certainement ! Observons que parmi tous les apôtres, Jean est le seul que l’on retrouve au pied de la croix, assistant la souffrance de Marie.
L’évangile se terminait en disant : « Il vit, et il crut ». On dit qu’avec Pierre et André, lui et Jacques avaient fondé une petite entreprise de pêche. C’est justement pendant qu’il réparait les filets que Jésus les appela. Aussitôt laissant leur père, ils le suivirent. Cela dénote un trait de caractère de Jean. Il investit sa confiance en une seule parole : celle de Jésus. Nous savons, par sa mère, Salomée qui était très présente pendant toute la vie de Jésus. Jean a donc été éduqué dans une famille pieuse qui était dans l’attente de la venue d’un Messie. Jean a grandi dans une famille aimante. Cet héritage, il le conservera jusqu’à la fin de sa vie. Il devait être jeune homme quand il reçut l’appel du Seigneur, très certainement entre 17 et 20 ans.
Son caractère aimant et juvénile se manifestera à plusieurs reprises : au moment du repas pascal, lors de ce dernier repas, Jean, qui est à côté de Jésus, se penche affectueusement sur sa poitrine. Au tombeau, Jean court plus vite que l’apôtre Pierre (doyen du collège apostolique) mais l’attend avant d’entrer.
Cependant Jean est un homme de contrastes : il peut être doux et aimant autant que fougueux et tranchant. Il ne faut pas oublier que Jésus lui donna ainsi qu’à son frère le nom de Boanergès, qui signifie fils du tonnerre. Son caractère entier ne le prédisposait pas à la conciliation. Mais, il se transforma au contact avec le Seigneur Jésus, et devint l’écrivain profond que nous connaissons. Toutefois, le côté rigoureux et absolu de son personnage transparaît au détour de ses écrits. Pour Jean les demi-mesures n’existent pas. Il opposera vérité et mensonge, lumières et ténèbres, amour et haine, vie et mort… Aucun écrivain n’a été aussi catégorique que lui.
Vous êtes chanceuses d’avoir un titulaire tel que saint Jean pour votre chapelle. J’espère que comme moi vous allez découvrir en lui un fils de tonnerre, un homme fougueux dans sa foi, un homme qui nous dit, dans la première lecture : « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons à vous aussi, pour que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous. »
