Mgr J-C. Dufour – 27 avril 2023 – Dédicace de la cathédrale – Jean 4.   19-24

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 27 avril 2023 – Dédicace de la cathédrale – Jean 4.   19-24

 

N.B. Pour ceux et celles qui le désirent l’homélie du jour : Jean 6.   44-51, à lire au bas de la page de celle-ci.

Ayant appris que nous avions une messe spéciale aujourd’hui, j’étais déçu parce que j’avais déjà préparé mon homélie pour ce jeudi.   J’ai même dit aux sœurs que je les inviterais probablement à méditer sur l’évangile au lieu de faire une homélie.  Mais quand j’ai vu que c’était l’évangile de la samaritaine et en particulier sur l’adoration, ça m’a réjoui beaucoup.

Jésus s’entretient avec une femme, une samaritaine.
En son temps, c’était loin d’être bien vu.  Mais en le faisant, Jésus a posé un geste prophétique, il nous fait comprendre que chaque être humain fait partie du plan d’amour de Dieu.  Qu’on soit femme, homme, qu’on soit blanc, noir ou jaune, quelques soient nos coutumes, nos choix, on peut s’adresser à Dieu qui est notre Père.  Il n’y a rien qui peut nous empêcher d’être proche du Père, ni d’endroit réservé spécialement pour ça.  Où que nous soyons, qui que nous soyons, Jésus nous prie d’adorer en esprit et en vérité, c’est-à-dire de prier d’une manière intérieure et sincère.  Voilà ce que Jésus nous dit sur le culte rendu à Dieu.

La samaritaine lui dit :  « Nos pères ont adoré sur cette montagne, mais d’après vous, c’est à Jérusalem qu’est le lieu où on doit adorer. »  Grosse question pour elle!
Et Jésus la met en garde contre ces personnes qui se soucient plus du lieu où ils se réunissent que du sens de leur démarche quand ils vont à la rencontre du Père.
Aujourd’hui encore, on voit des gens qui se préoccupent plus des apparences que de la Parole de Dieu.
Bien sûr, une église, un temple, une mosquée ou une cathédrale, c’est magnifique. Il y a parfois de jolies fleurs, des statues de valeur, de beaux chants.
Mais là n’est pas l’essentiel, nous fait comprendre Jésus.

Jésus est au puits de Jacob et une samaritaine vient y puiser de l’eau pour la journée sans doute.
C’est une tâche pénible qu’il faut répéter souvent, chaque jour.
L’eau, c’est tout un symbole.  L’eau, c’est la vie,  la vie qui elle aussi peut être un fardeau.
Et Jésus est là et il attend.  C’est lui qui prend l’initiative;  c’est lui qui vient vers elle et qui lui parle.  Elle qui a été mariée cinq fois,  qui vit hors mariage avec un homme,  Jésus ne lui demande rien.
Il lui propose de puiser de l’eau à une source divine et inépuisable, la source de l’amour que Dieu a pour elle et qui est sans limite.

Ce matin, nous célébrons le 60e anniversaire de fondation de notre diocèse et le 10 anniversaire de la dédicace de la cathédrale St-Joseph.
Cette célébration vient nous rappeler, comme dans l’histoire de la samaritaine que Dieu s’offre à nous, qu’il nous attend, qu’il nous a attendu devant le puits de Jacob, car Dieu nous aime.
Comme la samaritaine, osons écouter Jésus qui nous parle de son Père.
Allons puiser l’eau que Jésus nous promet, osons aller à la source de vie qui est Jésus.

Nous sommes rassemblés en Église, en assemblée de personnes toutes différentes,  mais reliées au Père par une communauté d’esprit et par la prière,  une assemblée de personnes dont le cœur est le temple de Dieu.

Comme nous l’avons demandé dans la prière d’ouverture :

« Donne à l’assemblée réunie pour servir ton nom de te rendre hommage, de t’aimer, de te suivre »

 

C’est ici pour l’homélie du jour

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 27 avril 2023 – Jean 6.   44-51


« Au désert, vous pères ont mangé la manne, et ils sont morts; mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas.  Moi,  je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. »

Jésus se rapporte au livre de l’Exode, lorsque le peuple traversait le désert, après la sortie d’Égypte, et se plaignait à Moïse de manquer de nourriture.
Dieu avait donné la manne qui était une sorte de pain très fin.  On dit que ça avait le goût d’un beignet au miel.  Elle apparaissait le matin sur le sol, comme une couche de givre.  On n’avait qu’à se baisser pour la ramasser.  Mais la manne qu’on avait recueillie le matin n’était donné que pour un seul jour.  Il n’était pas possible de faire une réserve pour le lendemain car le surplus était infesté de vers et se mettait à sentir mauvais.
Par voie de conséquence, le peuple comprenait qu’il était surtout nourri de la confiance en Dieu.  Ils étaient empêchés de subvenir eux-mêmes à leurs besoins.  Dieu lui-même et Dieu seul se chargeait de leur vie.
Nous aurions sans doute beaucoup à gagner en méditant sur ce pain quotidien que nous continuons de demander chaque jour dans le Notre Père.

Jésus se compare lui-même à la manne :  « Je suis la pain de la vie…  je suis le pain vivant qui est descendu du ciel ».  « Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement… », contrairement à ceux qui mangeaient la manne chaque jour puis ils sont morts.  « Le pain que je donnerai, c’est ma chair donnée pour la vie du monde. »

Clairement, Jésus fait allusion à l’Eucharistie qui est sa chair donnée pour la vie du monde,  sa chair donnée pour que nous recevions sa vie, pour que nous partagions sa vie.
Pouvons-nous recevoir un don plus grand sur la terre?