Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 27 Avril 2019 – Samedi de Pâques
( Marc 16, 9-15 )
Après le départ de Pierre et de Jean, Marie-Madeleine était demeurée au tombeau. Jésus ressuscité lui apparaît et lui dit : « Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »
Remarquons que c’est toujours dans un contexte de mort que ça se passe, la mort de Jésus, bien sûr, mais aussi celle des disciples qui vivent la mort dans l’âme à cause de leurs chagrins. Marie-Madeleine croyait qu’on avait volé le corps de Jésus ; les apôtres n’en mènent pas large : l’émerveillement du début s’est envolé ; l’enthousiasme du départ est remplacé par des heures de désarroi et de trouble. Ils sont pétrifiés, incapables de se libérer de leur déception et peut-être aussi de leur colère. Ils avaient complètement oublié que Jésus les avait prévenus de sa mort et de sa résurrection.
« Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père. »
Marie-Madeleine part annoncer la nouvelle aux apôtres, mais « ils refusèrent de croire. »
Les deux disciples qui, pendant le repas, avaient reconnu Jésus à la fraction du pain « revinrent l’annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus. »Finalement, Jésus se manifeste aux apôtres pendant qu’ils étaient à table, et leur reproche leur manque de foi, de ne pas avoir cru ceux qui leur avaient annoncé qu’il était vivant. Il ne faut pas s’étonner si, de nos jours, on rencontre les mêmes manques de foi. Malgré tout ça, Jésus leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création », ce qui est toujours notre mission.
Il a fallu trois jours à Marie Madeleine pour s’écrier : « Rabbouni, Maître »
Il a fallu l’angoisse des deux disciples qui retournaient chez eux pour reconnaître Celui qui avait fait route avec eux.
Il a fallu l’absence de Thomas à une réunion des apôtres pour déclarer « Mon Seigneur et mon Dieu. »
Jésus ressuscité se révèle à ses disciples pour leur montrer qu’il est bien vivant, bien sûr, mais aussi pour redonner la vie à ses apôtres et à ses disciples.
Ça a pris du temps ! Ça prend toujours du temps pour culbuter dans la joie après avoir vécu des heures de désarroi.
C’est quand ils vivent la mort dans l’âme, quand ils n’ont plus le cœur à rire, c’est quand ils passent un mauvais quart d’heure que quelque chose bouleverse les disciples de Jésus.Ils éprouvent une présence qui les réchauffe, un souffle de vie qui les traverse, une grande paix qui les habite.
C’est ça la foi de Pâques ! Quand nos yeux sont capables d’aller au-delà du visible pour voir que le Vivant est toujours là en train de faire surgir la vie quand elle est crucifiée ou maltraitée.
Vivons notre existence de chaque jour, avec ses dévouements, ses solitudes et ses joies avec le Ressuscité du matin de Pâques. Gardons notre cœur ouvert au mystère de Dieu, d’un Dieu plus grand que tout, d’un Dieu qui se penche sur chacun et chacune de nous, sur la multitude des hommes et des femmes pour leur donner la vie en abondance
