Mgr J-C. Dufour – 26 octobre 2022 – Luc 13,   22-30

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 26 octobre 2022 – Luc 13,  22-30

 

Le lendemain de Noël, les chaînes de télévision nous montrent beaucoup de gens qui attendent l’ouverture des magasins pour profiter des meilleures aubaines de l’année. Et quand les portes s’ouvrent, on a l’impression qu’elles sont bien trop petites pour laisser passer tant de monde.

Ça ressemble un peu à l’évangile d’aujourd’hui.  Jésus nous offre la meilleure aubaine qui soit tout en  nous prévenant que la porte d’entrée est étroite.
Quel est cette aubaine qu’il nous offre et que veut-il nous dire en nous parlant de porte étroite?

L’aubaine que Jésus nous offre nous est présentée à la fin de l’évangile quand il dit :
« On viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le Royaume de Dieu. »
C’est ça l’aubaine que Dieu nous offre, un festin dans le Royaume de Dieu.  Comme dans la parabole de l’enfant prodigue,  Jésus nous présente un Père qui veut voir ses enfants avec lui dans la maison.
En résumé, on peut dire que l’aubaine que Dieu nous offre,  c’est son Royaume.

Et la porte étroite, qu’est-ce que c’est?

Au temps de Jésus, on le sait, les villes étaient entourées de murailles;  il y avait aussi de grandes portes qui permettaient de sortir de la ville ou d’y entrer.  Le  soir ou en temps de trouble, on fermait les grandes portes de la ville,  impossible d’entrer ou de sortir.  Mais on laissait une petite porte ouverte pour permettre aux retardataires d’entrer.  C’était la porte de la dernière chance, la porte de la miséricorde qui donnait la chance d’entrer dans la ville.

On peut dire de Jésus lui-même qu’il est passé par la porte étroite.  « Lui, de condition divine… s’est dépouillé. »
On peut encore dire de cette petite porte qu’elle est celle des béatitudes,  celle des pauvres de cœur.  Seuls y passent «les enfants » et ceux qui leur ressemblent.

Disons-le tout de suite, la porte étroite c’est la personne de Jésus.   Il le dira lui-même dans la parabole du bon pasteur :  « Je suis la porte des brebis… si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé.  Il ira et viendra et trouvera de quoi se nourrir… »

Jésus est la porte étroite.
Il est venu chercher les hommes pour les faire entrer dans la salle du banquet.
Il veut nous rencontrer personnellement, tisser avec chacun et chacune de nous des liens d’amour.
Pour entrer dans le royaume avec lui, il nous invite à prendre le même chemin que lui, le chemin des béatitudes, le chemin de l’amour de Dieu et du prochain.

« Efforcez-vous de passer par la porte étroite», nous dit Jésus.
La vie chrétienne, ce n’est pas un fauteuil confortable mais une lutte, un combat pour convertir nos habitudes de vie, nos attitudes personnelles et contre les tendances du monde qui nous suggèrent des comportements non ajustés à l’évangile.
Non, ce n’est pas sur l’autoroute de la facilité que le Seigneur nous amène, mais sur un rude sentier, celui de l’amour,  comme lui l’a fait.