Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 26 octobre 2021 – Luc 13, 18-21
Un drôle de langage dans l’évangile! Une graine de moutarde, un jardin, un arbre, les oiseaux du ciel, du levain, de la farine, de la pâte. Pas tout à fait notre langage à nous autres.
Si on nous demandait à nous de comparer le règne de Dieu ?
On pourrait sans doute répondre : « c’est un temps ou un lieu où règne la paix, la justice, l’amour et le respect. »
Et on aurait raison, ce serait de la bonne théologie.
Aujourd’hui Jésus se demande comment parler du Règne de Dieu ?
Cinq fois Jésus utilise le mot « comparer ».
« À quoi le règne de Dieu est-il comparable ?
« À quoi vais-je le comparer ?
« À quoi vais-je comparer le règne de Dieu ? »
Ça veut dire que le mystère ne s’explique pas, il s’évoque !
Cinq fois, en utilisant le mot « comparer », on sent le désir de Jésus de nous faire pressentir le Règne de Dieu.
Mais il en parle autrement que nous en mettant en scène deux acteurs humains.
Un homme a pris une toute petite graine et l’a jetée en terre. Elle se déploie déjà dans son jardin et devient un grand arbre qui accueille les oiseaux du ciel dans ses branches. Ce sont le ciel et terre s’unissent par ce simple petit geste de l’humain.
Ensuite, une femme, enfouit, cache du levain dans de la farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé.
Qu’est-ce que Jésus veut nous dire ?
Que le Règne de Dieu est déjà dans notre jardin, dans notre monastère.
Il suffit qu’on prenne une petite graine d’amour et que nous la jetions en terre.
Il suffit de mêler le petit ferment de notre espérance à toute la pâte humaine qui nous est confiée.
Prendre, jeter, mêler. Mais plus encore, entendre, écouter, croire, et toujours espérer.
