Mgr J-C Dufour-26 Novembre 2018-Luc 21, 1-4

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 26 Novembre 2018

( Luc 28, 1-4 )

 

Dans les reportages télévisés sur les feux de la Californie, on a parlé à plusieurs reprises de scènes apocalyptiques, terrifiantes.
On trouve ce genre de scènes dans le livre de l’Apocalypse parce que, il ne faut pas l’oublier, saint Jean écrit son livre dans un temps de persécution. Mais il ne faut surtout jamais oublier que ce qu’il veut d’abord et avant tout nous annoncer, c’est la victoire du Christ sur les forces du mal.

 

Et si saint Jean peut le faire, c’est parce qu’il a fait personnellement l’expérience de la résurrection de Jésus. Il nous le dit, ce matin : « Moi, Jean, j’ai vu : et voici que l’Agneau se tenait debout sur la montagne de Sion. » L’Agneau qui se tient debout, c’est le Christ ressuscité.
Ainsi, saint Jean veut ranimer la foi et l’espérance des chrétiens et les chrétiennes, les inviter au courage et à la persévérance. Il a vu le Christ ressuscité ! Il sait et il annonce que le ressuscité est heureux et rayonnant de gloire comme l’a si bien souligné la fête du Christ Roi, hier.

 

Parmi ceux qui portent sur leur front « le nom de l’Agneau et celui de son Père », il y a la pauvre veuve de l’évangile qui verse deux piécettes dans un des troncs du Temple. Elle n’a sûrement pas obtenu de reconnaissance de la part des responsables du Temple puisque ce n’est pas avec une somme pareille qu’on peut entretenir un édifice aussi imposant.

 

Mais Jésus ne voit pas comme les responsables du Temple, il voit beaucoup plus loin. Il a bien vu qu’elle ne pouvait faire davantage, qu’elle avait pris sur son indigence, que son geste venait du cœur. Pour Jésus, ce que nous portons au plus profond de nos cœurs a bien plus d’importance que tout ce qu’on peut posséder. Pour celui qui regarde le cœur, les apparences n’ont rien d’impressionnant. C’est la grande leçon de l’évangile ce matin. Pour Dieu, la qualité du cœur qui donne passe bien avant la quantité qui est donnée.

 

Imaginez, ce matin, que le Christ vient s’asseoir parmi nous.
Il observe ce que nous apportons, ce qui vient du cœur, ce que nous sommes prêts à sacrifier pour le Royaume, ce que nous lui donnons de notre temps, de nos forces, de nos projets, de notre intelligence et de notre affectivité.
Ne l’oublions pas, ce n’est pas la quantité qui compte, mais ce qui vient du cœur.

 

Pendant cette eucharistie, contemplons Celui qui, par amour, par un geste qui vient du cœur, nous a tout donné, jusqu’à sa propre vie.
Pendant cette eucharistie, contemplons Celui qui, par amour, par un geste qui vient du cœur, se donne, à nouveau, à chacun et chacune de nous, ce matin.