Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 26 janvier 2020 – 3e dimanche ordinaire – Matthieu 4,12-23
« Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean Baptiste, il se retira en Galilée et vint habiter Capharnaüm.» Une petite phrase bien simple mais qui nous situe tout de suite! Jean Baptiste blâmait Hérode au sujet de son mariage avec la femme de son frère, et comme il n’aimait pas qu’on lui fasse la morale, Hérode le fit arrêter et le jeta en prison. Et quand Jésus apprit l’arrestation de son cousin, il se retira en Galilée. On pourrait bien penser qu’il a eu peur d’être victime, lui aussi, de la même violence que Jean Baptiste. Peut-être que Marie et Joseph lui avait parlé de leur fuite en Égypte parce Hérode cherchait à le faire périr.
En réalité, l’évangile que nous avons entendu veut nous faire comprendre que nous sommes à un point tournant. Puisque la voix de celui qui annonçait le Messie dans le désert ne se fait plus entendre, c’est un autre qui prendra maintenant la parole, Jésus. Il comprend que le temps est venu pour lui de prendre la Parole à son tour, la même parole que Jean Baptiste : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche. »
C’est la même parole, mais on assiste à tout un changement! On connaît assez l’histoire de Jean Baptiste pour nous rappeler qu’il s’était retiré dans le désert et qu’il attendait que les gens viennent vers lui. C’est le contraire, pour Jésus! Il a quitté Nazareth, son village! Il a quitté la Judée et Jérusalem, haut lieu du judaïsme officiel! Il se retire en Galilée et va habiter la ville de Capharnaüm, une ville bien spéciale, composée de gens qui viennent de partout, une ville où les Juifs et les païens se côtoient. Jésus n’attend pas que les gens viennent vers lui comme Jean Baptiste, mais il va vers les autres, vers cette région que le prophète Isaïe décrit comme « couverte de honte », « le carrefour des païens », « la Galilée des Nations », « le peuple qui marchait dans les ténèbres. »
On sent qu’avec Jésus, on est à un grand tournant, que l’amour de Dieu n’est plus le privilège d’un seul peuple, mais qu’il est ouvert à toutes les nations, à tous les hommes, peu importe leur religion ou leur culture. Tantôt, dans la première lecture, le prophète Isaïe disait : « Sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi ». On peut se rappeler des paroles du vieillard Siméon, quand Marie et Joseph sont allés présenter leur enfant au Temple. Tenant l’enfant Jésus dans ses bras, il s’écria : « Mes yeux ont vu ton salut… lumière pour éclairer les nations païennes ». Aujourd’hui, l’évangile nous fait voir que Jésus s’approche de ceux qui sont dans le pays de l’ombre pour leur apporter la lumière.
Le message que Jean Baptiste et Jésus adressait : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche ». Ce est pour nous aujourd’hui. C’est une invitation à nous rapprocher du Christ. On peut et on doit se demander aujourd’hui si nous sommes prêts à nous laisser guider par la lumière du Christ, si nous entendons l’appel de Jésus à témoigner de son amour inconditionnel pour le monde.
En s’en allant dans la ville de Capharnaüm, Jésus manifeste bien son intention de rejoindre tout homme quel que soit sa religion ou sa culture parce que son Royaume n’a pas de frontières. Il nous appelle, comme lui l’a fait, à vaincre les frontières humaines, sociales, culturelles, ou autres, pour témoigner de l’amour inconditionnel du Christ Sauveur.
Vous avez remarqué la fin de l’évangile! Jésus s’adresse à Simon et à André, à Jacques et à Jean, et il leur dit : « Venez derrière moi…. » Il nous dit la même chose : « Venez derrière moi. » Jésus fait appel à notre collaboration pour faire entendre à tous son message, pour porter sa lumière.
Au cours de notre eucharistie, demandons au Seigneur de nous rendre généreux et disponibles comme les premiers disciples pour inviter les hommes et les femmes de notre temps à venir vers lui. Prions-le de nous donner d’être, dans notre monde, des messagers de paix, des porteurs de lumière et de son amour pour tous les hommes.
