Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 26 août 2024 – Matthieu 23, 13-22
On se souvient que, dans son premier discours sur la montagne, Jésus avait proclamer sept béatitudes. Aujourd’hui, c’est le contraire, il proclame sept malédictions à l’adresse des scribes et des pharisiens.
Les scribes et pharisiens sont sensés savoir lire l’Écriture, mais Jésus les plaint parce qu’ils ne savent pas discerner comme il faut. Ils donnaient une grande importance aux lois pour parfaire leur vie et ainsi plaire à Dieu. Mais la tentation de se rendre parfaits avait fait d’eux des hommes orgueilleux qui ne savaient plus distinguer ce qui est essentiel et important. Ils étaient tournés vers eux-mêmes.
« Vous fermez à clé le royaume des cieux…
et vous ne laissez pas entrer ceux qui veulent y entrer. »
On peut penser aux collecteurs d’impôt comme Matthieu, aux disciples de Jésus qui arrachaient des épis le jour du sabbat, à deux qui ne se lavaient pas les mains avant de manger. Je ne suis pas sûr qu’ils ne fermaient pas la porte à Jésus qu’ils associaient au diable pour faire des miracles.
Heureux sommes-nous quand nous accueillons l’Évangile comme un don d’amour, source d’un chemin toujours nouveau, appel à devenir vraiment enfants du Père et frères en humanité, sans frontières entre ceux du dedans et ceux du dehors, entre les purs et les impurs, entre les supérieurs et les inférieurs.
Trop centrés sur eux-mêmes, les pharisiens avaient retiré Dieu et leur prochain de leurs cœurs, de leur vie.
Aimer, c’est être de samaritain qui s’est arrêté sur la route pour prendre soin d’un inconnu.
Aimer, c’est vêtir celui qui est nu, visiter celui qui est malade, celui qui est en prison.
Aimer, c’est alimenter ma relation avec le Christ. S’aimer,
c’est aimer le Christ et le suivre, prendre le chemin qu’il a conçu pour moi.
Le chrétien prêche par sa vie, la vie telle que Dieu l’avait imaginée lorsqu’il nous a pensés et créés.
La suivre n’est pas simple. Mais le moteur qui nous permet d’aller de l’avant, c’est Dieu. Il est notre intérêt premier et avec lui notre prochain.
C’est l’amour qui fait bouger notre vie :
l’amour envers Dieu et notre prochain
et non envers nous-mêmes.
