Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 26 août 2020 – Matthieu 23,27-32
Hier, saint Matthieu n’y allait pas de main morte avec les scribes et les pharisiens : « Malheureux êtes-vous scribes et pharisiens hypocrites » et ça continue ce matin. Il y a une vraie ambiance de mort dans l’évangile. Il y a bien la mort de Jésus, on sait qu’elle n’est pas loin. Il y a bien la mort des scribes et des pharisiens, qui bien qu’encore vivants, sont morts dans leur esprit et dans leur cœur. Ce n’est pas long cet évangile, juste six petits versets, mais on y trouve tout un vocabulaire de mort : sépulcres blanchis, remplis d’ossements, tombeaux, le sang versé, assassinat.
Huit fois, Jésus avait traité de bienheureux ceux et celles qui se situent en vérité devant Dieu, les pauvres, ceux qui pleurent, les doux, ceux qui ont faim et soif de justice, les miséricordieux, les artisans de paix, les cœurs purs, les persécutés, ceux qui reçoivent des insultes, les persécutés. Et huit fois, Jésus traite de malheureux les scribes et les pharisiens. Malheureux!
Malheureux ! Le mot veux moins exprimer une malédiction et bien plus une douleur qui va apparaître à nouveau cinq versets plus loin : « Jérusalem, toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu (Mt 23, 37) ! »
Jésus dénonce l’hypocrisie et la corruption des scribes et des pharisiens, leur apparente justice, leur apparente pureté, leur apparente piété. Tout masque la mort qui règne à l’intérieur des hommes qui négligent la justice et l’amour au nom de la Loi. Cette hypocrisie conduit à la mort, celle des hypocrites d’abord, celle de ceux et celles à qui ils imposent des lourds fardeaux, celle de Jésus lui-même qui sera mis à mort comme les prophètes avant lui. « Vous êtes bien les fils de ceux qui ont assassiné les prophètes. »
On peut se demander ce qu’on peut retenir de cet évangile. Qu’est-ce qu’il faut retenir de cet évangile? La douleur que Jésus exprime est toute une invitation à purifier nos cœurs, à les ajuster à l’amour de Dieu de telle sorte que nos mots et surtout nos gestes soient sources de bonté constante. En le faisans, notre monde deviendra plus beau, plus juste, plus fraternel. Hélas… combien de fois Jésus a voulu nous rassembler et nous donner la vie… et nous n’avons pas voulu…
Choisissons résolument le chemin des béatitudes, celui des pauvres, de ceux qui pleurent, des doux, de ceux qui ont faim et soif de justice, des miséricordieux, des artisans de paix, des cœurs purs, les persécutés, de ceux qui reçoivent des insultes, les persécutés au nom de Jésus.
