Mgr J-C. Dufour 25 novembre 2024 – Luc 21, 1-4

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 25 novembre 2024 – Luc 21, 1-4

 

Essayons d’imaginer la scène un moment. Ça va et ça vient dans le Temple ! Beaucoup de monde ! Des gens importants, des hommes et de même avec les animaux, des marchands et des prêtres, des pèlerins et des curieux. Et une pauvre veuve !

Beaucoup de bruit également dans le Temple : des cris et des prières, des lamentations et des discussions. Des pas qui se pressent, des sabots qui résonnent ! Des pièces d’or et des vases sacrés ! Et deux piécettes qui tombent dans un tronc !

Et Jésus, les yeux tournés vers les réalités d’en haut, ne voit que cette vieille femme, il n’entend que ces deux piécettes.
Décidément, il n’a pas le même regard que nous. Pour nous, notre don dit notre valeur, nos moyens ou tout au moins notre générosité. Mais Jésus ne regarde pas ce que nous donnons, mais ce que nous gardons. C’est ça la différence entre la pauvre veuve et les riches qui déposent leur offrande dans le trésor. Eux mettent de leur superflu, elle, elle n’a rien gardé.
Sainte Thérèse dira : « Aimer, c’est tout donner ».

On ne peut donner de cette manière
que si on a rencontré Dieu dans sa Providence,
que si on a placé notre confiance dans le Seigneur,
que si nous avons découvert le Père, source de tous les bienfaits et si on est rempli d’amour.

À qui Jésus a-t-il pensé en regardant cette femme ?
Il a peut-être pensé à sa mère, la Vierge Marie qu’un don total d’elle-même disposa à devenir le Temple de Dieu au jour de l’Annonciation.

Il a sans doute pensé à lui-même qui allait renoncer à tout, lui qui s’est fait pauvre pour nous.
Il a peut-être pensé à son Église en proclamant bienheureux les pauvres parce que le royaume des cieux leur appartient.

Dans le tumulte du Temple, Jésus a su garder le silence. Oui, Dieu ne se révèle que dans le silence de nos vies.

Préparons donc nos cœurs à sa rencontre
en fuyant le tumulte qui les agite,
les calculs mesquins,
les projets banals
et les vaines rivalités,
pour découvrir la source de tout amour
qui se livre à nous sans rien attendre en retour et sans rien retenir pour lui.

Seigneur Jésus, tu vas te donner à nous dans cette eucharistie,
sans rien retenir pour toi, en désirant nous combler de ta grâce.
Donne-nous de t’accueillir comme tu te donnes, sans rien retenir pour nous,
en ne gardant dans nos cœurs aucun attachement qui puisse faire obstacle à ta venue.